La chaire à prêche

Le vieux berlin du pont du chateau a l'alexanderplatz

La chaire à prêche

Traversez la nef centrale pour vous arrêter devant la chaire à prêche située contre l’avant-dernier pilier de gauche.

Cette très belle sculpture compte parmi les chefs-d'œuvre de l’ameublement liturgique berlinois ! Admirez cette envolée d’angelots au milieu des nuages à son sommet !
ouleur blanche quel est le matériau de cette chaire ! Marbre ou bois ? Et bien il s’agit d’un revêtement d’albâtre sur une base de bois de chêne.

Analysons tranquillement sa structure et son décor en commençant par son socle. Regardons au pied de la chaire : nous voyons 2 grands anges aux ailes déployées debout sur des socles qui semblent garder la tribune d’où le prêtre tient ses prêches. Les anges, quelle est leur fonction ? ils sont en fait les messagers de dieu sur terre et le message est donc de faire comprendre aux fidèles que le prêche du prêtre est la parole de Dieu.

Admirez comme la tribune semble voler dans l’espace. Mais bien sûr, elle est fixée par derrière aux 4 colonnes de bois imitant le marbre. Elle est ornée de 3 reliefs. Essayons de les interpréter !
Commençons par celui du milieu qui montre plusieurs personnes réunies autour d’une figure assise sur un trône. Celle-ci tient l’agneau de Dieu sur ses genoux. Il s’agit de Jean le Baptiste qui annonce la venue de Jésus. Or Jésus, les textes nous le présentent aussi comme « le rédempteur », celui qui portera et enlèvera les pêchés du monde. Quelle doit être notre sentiment quand on sait que Jésus viendra racheter nos pêchés ? Et bien, c’est l’espérance. Et il s’agit en fait de l’espérance dans la Rédemption. Bref, cette scène symbolise l’une des Vertus Cardinale : l’Espérance.

Il faut bien reconnaître que c’est compliqué. Cela dit, il y avait un autre moyen de parvenir à cette déduction. On le sait, les vertus cardinales sont toujours représentées par 3 : la charité, la foi et l’espérance.

Alors, regardons les deux autres reliefs maintenant. Nous pouvons voir, à gauche, une femme portant une croix. Là, c’est plus facile : elle représente la Foi. Et à droite, une autre femme avec des enfants qu’elle nourrit : elle représente, elle, la Charité. On en déduit donc que nous sommes devant 3 scènes représentant les 3 vertus cardinales et que le relief central ne peut que représenter l’espérance. Cette chaire à prêcher fut sculptée en 1703 par le très célèbre Andreas Schlüter que vous avez sans doute déjà rencontré à l’arsenal.

Maintenant, levez les yeux vers le baldaquin de la chaire. Vous avez déjà remarqué ce charmant bouillonnement d’angelots au milieu des nuages. Il n’est cependant pas simplement décoratif et nécessite une certaine lecture.
On y vit 1 ange, dont on ne voit pas le corps, et 2 chérubins qui soufflent dans une trompette pour annoncer la venue du Christ. Ils sont au nombre de trois pour rappeler à la fois la Sainte Trinité – le Père, le Fils et le Saint-Esprit et les 3 Vertus mentionnées précédemment Charité, foi et Espérance.

À gauche et à droite, les chérubins tiennent un livre ouvert. Ce livre est en rapport avec les prédications de Jean le Baptiste et avec l’Ancien et le Nouveau Testament. Ici, réapparaît l’idée de l’importance du texte prônée par Martin Luther. Ayons toujours en tête que, pour Luther, il fallait revenir aux fondements de la foi que sont l’Ancien et le Nouveau Testament. Il voulait purifier la religion de beaucoup d’ajouts liturgiques créés par l’Église catholique romaine. Et, bien sûr, il ne faut pas oublier qu’au moment de la mise en place de cette chaire, l’église était protestante.
Ainsi, les angelots de gauche tiennent les tables de la loi de Moise, tandis que ceux de droite montrent l’évangile de saint Jean. Le décor fait cohabiter l’Ancien Testament symbolisé par Moise et le Nouveau Testament représenté par Jean, contemporain du christ et auteur d’un évangile.

De même, cette représentation fait allusion au rôle de Jean Baptiste comme liaison entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Ce rôle fut précisé par Luther dans l’un de ses livres. Il écrivit : « L’Ecriture annonce ainsi à Jean, qu’il se tient au milieu de l’Ancien et du Nouveau Testament, c'est-à-dire qu’il est un médiateur entre Moise et le Christ. Car Jean explique la loi : ainsi, nous voyons que nous ne sommes rien et il nous montre le Christ, notre bonheur éternel. Il étend son doigt et nous montre l’agneau : voit c’est l’agneau de Dieu qui porte les pêchés du Monde ».
Mais en plus de son contenu théologique, cette chaire est une merveille de Sculpture, proche du grand art italien.


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