La nouvelle mairie de Munich

Le vieux munich : la marienplatz et ses monuments

La nouvelle mairie de Munich

Maintenant, tournons notre regard autour de la place pour en saisir l’espace. Nous sommes au cœur de la capitale bavaroise et à l’emplacement du premier marché du Moyen Age. Cette place centrale est devenue une zone piétonnière.
Il faut néanmoins vous imaginer qu’autrefois ce vaste espace était envahi par les échoppes et charrettes des marchands de céréales et de sel ; les deux ingrédients essentiels de la vie quotidienne au Moyen Âge. Les céréales servaient naturellement à faire le pain. Et le sel ? A goûter aliments ? Bien sûr, mais surtout il servait à les conserver, chose très précieuse à une époque où les frigidaires n’existaient pas !
Mais qui dit marché, dit également centre de la vie bourgeoise. C’est donc ici que le pouvoir municipal a installé ses locaux, symboles de sa puissance. Tournez le dos à la colonne et observez le grand bâtiment en pierre de taille grise dont l’imposante façade ferme la place sur un côté et est dominée par un beffroi, c'est-à-dire une immense tour centrale
Il s’agit de la nouvelle mairie de Munich. Pourquoi nouvelle ? Nous allons voir que Munich possède, chose rare, deux mairies situées presque côte à côte. Mais concentrons-nous d’abord sur la nouvelle mairie !
Ce bâtiment fut construit entre 1867 et 1909 par Georg Hauberrisser. Pourtant jamais nous n’aurions pu penser que cette façade fut achevée au début du 20e siècle. En effet tout rappelle l’art gothique. On dirait presque un majestueux château du 15e siècle avec de belles architectures. Regardons au rez-de-chaussée tout d’abord : nous voyons une galerie d’arcades s’achevant au sommet par un arc en pointe. Ce type d’arc en pointe est aussi appelé arc en ogive et cela caractérise l’art gothique.
Mais au fait, savez-vous pourquoi les mairies des 14e et 15e siècles possédaient déjà de telles arcades ? Et bien tout simplement pour abriter de la pluie et de la neige les échoppes des boulangers et des bouchers. Maintenant, levez les yeux au dessus de la galerie d’arcades pour observer les trois étages réguliers percés de hautes fenêtres. Ces fenêtres font penser aux fenêtres Renaissance des mairies flamandes ou bien des châteaux de la Loire. Et au dessus encore : regardons au sommet et en avant du toit : nous observons des créneaux et des pignons disposés à espace régulier et s’élevant fièrement. Les pignons sont ces petites tourelles pointues très décoratives. Les voyez-vous ?
En vous tournant vers la nouvelle mairie, vous avez sans aucun doute été attirés par la haute tour qui domine le bâtiment au milieu. C’est le beffroi. Regardez comme il s’élance avec fierté vers le ciel et rappelle justement les beffrois construits dans les villes flamandes. Ce fut d’ailleurs le modèle dont se servit l’architecte Hauberrisser pour réaliser la mairie de Munich.
Regardons attentivement cette élégante tour. Elle est percée au rez-de-chaussée par un grand porche surmonté d’une ornementation en fer forgée polychrome.
Elle représente une muraille surmontée de créneaux et encadrée de tours. Il s’agit naturellement de la ville de Munich. Devant cette dernière se tient un moine levant la bible devant lui. Ce personnage rappelle que Munich est un haut lieu du catholicisme. Le moine uni au rempart forme le blason de la ville et vous aurez l’occasion de le revoir sur d’autres bâtiments. Maintenant, regardez de chaque côté du moine : un personnage porte un étendard recouvert de losanges alternant le blanc et le bleu. Vous avez vu ce drapeau flotter un peu partout depuis votre arrivée à Munich. C’est tout à fait normal, car il s’agit des couleurs de l’état libre de Bavière. Nous remarquons que les deux personnages sont vêtus d’un costume de la Renaissance facilement reconnaissable aux manches et à la culotte bouffantes, aux bas striés de deux couleurs et au chapeau surmonté d’une plume.
La décoration de ce porche menant à l’intérieur de la mairie est vraiment programmatique puisqu’il nous montre à la fois la ville de Munich, les couleurs de la Bavière et rappelle que nous sommes dans un territoire catholique, ce qui n’est pas le cas de l’ensemble de l’Allemagne. Maintenant, levez les yeux au dessus du porche. Nous voyons deux superbes balcons superposés et formant une légère avancée surmontée d’une toiture en pointe directement reprise de l’architecture des cathédrales gothiques. L’architecte Hauberrisser sut parfaitement utiliser à ses fins les inventions décoratives médiévales.


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