L’Eglise du Saint Esprit

Le vieux munich : la marienplatz et ses monuments

L’Eglise du Saint Esprit

Empruntez maintenant le passage ouvert sous la tour ornée des blasons. Il conduit directement dans la Burgstrasse qui vous conduit jusqu’à la Place de Marie au pied de l’ancienne mairie.

Nous voici au pied de l’ancienne mairie. Nous allons maintenant découvrir plus en détail la superbe église baroque du Saint Esprit. Tournez-vous vers la gauche, vers le passage voûté passant sous l’ancienne mairie. Prenons-le : il conduit dans la rue Im Tal. Nous vous retrouvons à la sortie du passage

Quand vous avez le passage dans le dos, traversez simplement la rue Im Tal à votre droite pour vous rendre devant la façade principale de l’église. Nous vous y retrouvons

Certainement avez-vous reconnu le style de cette façade ? Il s’agit du baroque. Le terme baroque est dérivé d’un mot portugais servant à décrire une perle dite monstrueuse, c'est-à-dire énorme et irrégulière. Nous pouvons déduire de cette étymologie les deux caractéristiques principales du style baroque : le gigantisme et le mouvement.
Mais en quoi cette église est-elle baroque ? Analysons donc ensemble ses particularités. Mais tout d'abord, parlons du gigantisme. Regardez cette façade qui nous écrase presque par sa hauteur et sa massivité. L’accent principal de la décoration est mis sur la partie centrale qui forme une légère avancée et correspond à l’entrée officielle du lieu de culte. Nous voyons trois étages superposés et encadrés de chaque côté par une gigantesque colonne jumelée à un pilastre tout aussi massif. Les pilastres, ce sont ces sortes de colonnes aux ¾ enfoncées dans le bâtiment et qui affleurent plus qu’elles ne soutiennent. Leur rôle est donc purement décoratif.
Levez les yeux vers le ciel en suivant les 3 niveaux de l’axe central. Le premier niveau encadre la porte proprement dite, le second est percé par une immense fenêtre surmontée d’une riche décoration sculptée et enfin le dernier étage s’élève majestueusement au-dessus de la façade et constitue un immense fronton arrondi au sommet et encadré de grands enroulements ou volutes. Regardez ces enroulements, ils sont caractéristiques du baroque et sont destinés à donner du mouvement à la toiture. Ils furent employés pour la première fois dans les grandes églises romaines du 17e siècle, puis devinrent l’un des motifs préférés dans la décoration des lieux de culte comme à Paris sous le règne de Louis 14.
Observez maintenant les chapiteaux des colonnes sur chacun des 3 niveaux. Vous avez remarqué quelque chose ? Oui ? et bien, les décorations des chapiteaux sont différentes sur les trois étages. Plus on monte, plus la décoration est élaborée. Regardez au premier niveau : le chapiteau n’a pas de décoration : c’est le style dorique. Et maintenant, regardez le deuxième niveau : il a une décoration simple : une grande feuille d’acanthe enroulée : c’est le style ionique. Et enfin, au dernier niveau, il a une décoration plus élaborée : plusieurs petites feuilles d’acanthes : c’est le style corinthien.
Et bien sûr, le message est clair : plus on va vers Dieu, plus on s’approche du beau et de la félicité. Examinons les ornements sculptés qui nous livrent également un message et permettent de comprendre le programme de ce sanctuaire. Commençons au sommet de l’église exactement au-dessus du fronton en demi-lune. Voyez-vous l’énorme élément doré ressemblant à un soleil qui se détache sur le ciel? Si vous concentrez un instant votre attention, vous remarquerez qu’il s’agit d’un soleil enflammé avec au centre un triangle. Mais à quoi peut-bien correspondre ce triangle ? A Dieu le père ou plus exactement à la Sainte Trinité – le père, le fils et le Saint-Esprit – réunie en un seul élément symbolisé par le triangle. Maintenant, regardez à l’intérieur du fronton circulaire. Vous y êtes ? Nous voyons un bouillonnement de nuages sculptés et au milieu un oiseau planant. Vous l’avez deviné, il s’agit de la colombe du Saint Esprit à laquelle est vouée l’église ! En dessous de la colombe et entre les deux volutes, nous voyons dans une niche une grande statue de la vierge Marie majestueusement drapée et qui porte l’enfant Jésus. Elle reçoit naturellement les rayons du Saint Esprit. Cet épisode correspond à la Pentecôte dans la liturgie catholique. Pour finir, pointons le regard vers la décoration sculptée située en dessous de la vierge et juste au-dessus de la grande baie vitrée du premier étage.
Elle est particulièrement compliquée au premier abord, mais essayons cependant d’en dégager les éléments principaux. Au sommet, nous voyons une tiare faisant allusion naturellement à Rome et au pape, chef de l’Église catholique. Sous cette tiare, nous voyons deux blasons tenus par d’élégants anges aux ailes déployées. Le blason de gauche, vous est déjà connu. Il représente un moine debout devant une muraille. Il s’agit bien sur des armoiries de Munich.
Celui de droite est simplement quadrillé de losanges. Vous le connaissez également : le blason de la Bavière. Nous avons ainsi une sorte de trinité indissociable correspondant à l’alliance de l’Église catholique symbolisée par la tiare papale, de la Bavière et de sa capitale Munich. Sous les deux blasons, nous remarquons une tête de lion encadrée par d’adorables angelots grassouillets. Cet animal se réfère à nouveau à la Bavière dont il est l’animal emblématique. Vous verrez un peu partout dans les boutiques de souvenirs de petits lions en peluche.
Avouons que cette décoration est admirablement conçue et pleine de vie grâce aux superbes anges planant et tenant les armoiries, ainsi qu’aux adorables petits angelots bien joufflus appelés Putti qui virevoltent près de la tête de lion. Si un seul motif devait être retenu pour symboliser le baroque bavarois et autrichien, nous pouvons bien dire qu’il s’agit justement des putti qui souvent envahissent les plafonds et les façades des églises.


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