La voûte de l’Eglise du Saint Esprit

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La voûte de l’Eglise du Saint Esprit

Maintenant, regardons la voûte en restant sous la plus grande composition peinte au centre de la nef. La fresque est faite sur du stuc.
Mais à propos comment réalise-t-on le stuc ? Il s’agit d’un savant mélange très élastique de chaux, de colle, de craie blanche et de poussière de marbre. La couleur qui peut varier à l’infini est obtenue grâce à l’ajout de pigments minéraux. Le seul problème réside dans la nécessité d’œuvrer très vite, car une fois sec, il est impossible d’en changer la forme. Et maintenant, que représente cette fresque due aux frères Asam, deux génies de l’architecture baroque bavaroise? Observons la fresque de nouveau. Que voyons-nous ? Et bien, première chose : une profusion de personnages assis sur un escalier s’élevant comme une pyramide vers une figure féminine couverte d’une robe blanche. Elle semble planer au dessus de la composition. Cette figure, inondée de lumière, apparaît au milieu d’un véritable bouillonnement de draperies, d’anges et de nuages.Regardez bien cette figure entourée d’anges et debout sur un croissant de lune. Elle tient dans une main un lys. Le voyez-vous ? Ce lys symbolise la pureté et la virginité. La figure n’est autre que l’immaculée conception qui est illuminée par les rayons du Saint Esprit dont nous voyons la colombe voler exactement au sommet de la fresque sous la draperie rouge que soulèvent de petits angelots. Cette mise en scène est typique de l’art baroque : multiplication des angelots potelés batifolant dans les cieux et lourdes draperies s’ouvrant comme sur une scène de théâtre. Regardez maintenant les personnages assemblés sur les marches de l’escalier.
Tout à fait en bas des marches, au dessus du rebord inférieur, nous apercevons un vieillard allongé et torse nu. A sa droite, un prêtre donne l’absolution à une vieille femme mourante tenant un crucifix. Sur le bord inférieur gauche de la composition, nous voyons aussi un homme enveloppé dans un manteau marron qui tend le bras vers un groupe de femmes assises à ses pieds. L’une d’elles est vêtue d’une jupe bleue. Vous la voyez ? Elle lève vers lui un petit récipient en forme de boite. Il s’agit naturellement d’une représentation des aumônes. Juste derrière, il y a un homme qui vient de descendre de son cheval –un homme riche donc puisqu’il a un cheval. Il jette une pièce de monnaie dans la boite de cette dame.
Nous remarquons également des femmes âgées sur les marches. Bref, vous l’avez compris, cette assemblée se constitue de malades, indigents, personnes âgées, orphelins et de prêtres donnant des soins. Ce thème étrange n’est pas un simple hasard et éclaire sur l’organisation de la société au Moyen äge. En effet, en haut des marches à gauche, presque au milieu de la fresque, nous voyons un homme debout sous un dais et plein de dignité, un manteau doré royal sur l’épaule et le bras levé pour donner un ordre. Nous sommes en présence du duc Louis 1er de Bavière. Or, il fonda ici même l’hôpital du Saint Esprit en 1208. C’était le premier hôpital créé à Munich. Au Moyen âge, les hôpitaux régis par les ecclésiastiques servaient également à recevoir les pauvres et les vieillards.
Mais admirons encore une fois cette œuvre fascinante et pleine de mouvement. Elle est toute baroque par la diversité de ses éléments, le mouvement d’ensemble et la richesse des coloris. Le peintre a réussi à créer de l’animation grâce à la diversité des poses des personnages, à la multiplication des éléments architecturaux comme escalier, balustrade et colonnes. Nous avons également de la sinuosité par exemple dans les marches de l’escalier et les balustrades qui sont courbes. Si vous regardez les colonnes peintes le long du bord gauche, vous remarquerez qu’elles ne sont pas droites, mais semblent pencher. Il s’agit d’une astuce picturale servant à rendre un effet de trompe-l'œil et de profondeur. N’avez-vous pas l’impression qu’elles s’élèvent vers le ciel et sont presque représentées en 3 dimensions ?


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