Le maître autel de l’Eglise du Saint Esprit

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Le maître autel de l’Eglise du Saint Esprit

Pour finir cette visite, nous vous proposons d’approcher du maître autel qui domine le cœur. Quelle mise en scène architecturale ne trouvez-vous pas ? Admirez comme cet immense autel de marbre domine le cœur et se détache à la perfection devant les hautes baies vitrées qui l’entourent. Mais à propos est-il en marbre ? Non il fut réalisé en stuc qui une fois poli obtient la brillance du marbre. La structure de cet autel est également caractéristique du baroque bavarois. Nous sommes en présence d’un bel exemple du théâtre baroque. Les éléments ne sont pas isolés, mais au contraire liés entre eux.
Voyez comme le tableau est bien encadré par des colonnes, elles-mêmes portant une sorte de lourd entablement formant une courbe au dessus du tableau. Et au-dessus encore, se trouvent réunis dieu le père et le christ tenant la croix. Ils sont assis sur un bouillonnement de nuages dorés et au-dessus de leurs têtes, nous voyons un arc fait de nuages, rayons dorés et de têtes d’angelots. Le sculpteur qui réalisa ce chef-d'œuvre, Nikolaus Gottfried Stuber, un cousin des frères Asam, fit preuve d’une énorme maîtrise de son art. Regardez par exemple la manière avec laquelle le drapée de Dieu s’envole avec brio comme s’il était soulevé par le vent.
Descendez ensuite votre regard du groupe formé par Dieu et le Christ vers le tableau. Vous voyez aussitôt le troisième élément de la Sainte Trinité : la colombe qui plane dans la partie supérieure de la composition peinte. Elle étend sa lumière céleste sur les personnages rassemblés sous elle. Au centre, nous voyons la vierge vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu qui lève un regard plein d’extase vers la colombe. Autour de Marie sont réunis 11 hommes dont certains âgés portent une longue barbe. Vous les avez reconnus, il s’agit évidemment des 11 apôtres. Nous observons un détail surprenant au dessus de Marie et des apôtres : de petites flammèches dorées qui flottent dans les airs.
Ce tableau montre le mystère de la Pentecôte. Dans l’évangile selon saint Jean, les apôtres reçurent l' dix jours après l' de  : les langues de feu se posèrent sur les Onze et sur . Les Onze désignent les douze moins . La fête de la Pentecôte est célébrée le septième dimanche après Pâques. Le tableau est plus ancien que la sculpture de l’autel et remonte à 1644. Il est signé par le peintre allemand Ulrich Loth. Lorsque l’église fut redécorée vers 1730, l’ancien tableau fut conservé et simplement placé au centre du nouveau maître autel. Et avouons le, il est peu statique, mais possède néanmoins un bel effet théâtral du à la diversité des poses exagérées des apôtres. Certains lèvent les bras vers le ciel, l’un d’entre eux est assis presque en extase en bas de la composition. Il y a également un beau contraste entre l’ombre et la lumière surtout à l’arrière-plan de l’œuvre. Regardez comme la colombe est baignée s’une lumière rouge sur la gauche, tandis que les colonnes de l’architecture apparaissent dans la pénombre.


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