L’institution Hofbrauhaus

Le vieux munich : la marienplatz et ses monuments

L’institution Hofbrauhaus

Quand vous avez l’église du Saint Esprit dans le dos, traversez la rue Im Tal située devant vous et allez jusqu’au passage que nous avons emprunté précédemment et qui passe sous l’ancienne mairie pour rejoindre la Marienplatz. Restez cependant devant le passage du côté de la rue Im Tal.

Quand vous avez l’ancienne mairie sur votre gauche, empruntez la rue de la Sparkasse qui longe justement la mairie. Vous ne pouvez pas la manquer : la Sparkasse (qui veut dire caisse d’épargne) fait justement l’angle de la rue et son enseigne jaune est bien visible sur la façade en face de vous. Allez jusqu’à la seconde rue étroite qui s’ouvre à droite. Il s’agit de la Münzstrasse.

Prenez la Münzstrasse jusqu’à la rue dite Platzl. Vous verrez un grand bâtiment muni de grandes arcades au rez-de-chaussée et dont la façade porte en grandes lettres bleues lumineuses l’inscription : Hofbraühaus et plusieurs drapeaux. Nous vous retrouvons devant ce dernier. Il s’agit du numéro 9 sur le Platzl.

Nous sommes devant la plus célèbre institution, disons culinaire, de Munich : c’est la Hofbrauhaus, la légendaire brasserie de la cour qui constitue un arrêt obligatoire pour toute personne de passage dans la ville. D’après la tradition populaire munichoise, quelque 10 000 litres de bière sont consommés quotidiennement dans ce palais de la boisson dorée. Cela laisse songeur, n’est-ce-pas ? Regardons cette imposante façade qui fut édifiée ici en 1897 par les architectes Heilmann et Littmann. Ces derniers devaient suggérer l’architecture traditionnelle et surtout la convivialité bavaroise. Nous voyons ainsi au rez-de-chaussée une succession de grandes arcades derrière lesquelles s’ouvrent les portes vitrées invitant à entrer.
En levant les yeux, nous remarquons que l’auberge, car il s’agit bien d’une auberge gigantesque, se constitue de 2 bâtiments réunis par un toit à pignon. Vous les voyez ? Ce sont ces sortes de créneaux descendant en escalier un peu comme dans l’architecture flamande ?
Dans l’angle gauche du plus haut corps de bâtiment, nous voyons un balcon posé juste au dessus de la dernière arcade et qui soutient un mat de cocagne. Le voyez-vous ? Ce mât fait parti des éléments indissociables des villages bavarois. Il se forme d’un haut bâton central correspondant normalement à un tronc d’arbre taillé qui supporte des médaillons ornés d’armoiries ou de scènes populaires comme les corps de métier. Ce mat ne sert ici que pour la décoration et pour faire allusion à la convivialité des Munichois. En réalité, le mat est dressé au moment des moissons au centre de la place principale d’un village et jamais sur un bâtiment. Regardez encore sur la gauche après le balcon supportant le mat, nous voyons le second corps de bâtiment un peu en retrait. Il possède comme élément architectural marquant un immense oriel en encorbellement, c’est cette sorte de balcon fermé en demi-cercle qui s’élève presque comme une tour à son angle gauche. Cette structure est typique de la Renaissance dans les villes du Sud de l’Allemagne. Nous pouvons en particulier en admirer plusieurs à Nuremberg. Mais pourquoi les architectes ont-ils fait ainsi référence à la Renaissance ? Pour rappeler que la Brasserie fut fondée non pas en 1897, mais en 1589 par le duc Guillaume 5. A l’origine, la Brasserie était réservée uniquement aux soldats du duc et n’était pas accessible au public. En 1644, la brasserie fut déménagée sur le Platzl, mais ce n’est néanmoins qu’en 1828 que le roi Louis 1er de Bavière l’ouvrit au public à l’occasion de son propre mariage. L’intérieur renferme dans la partie centrale, celle portant le nom Hofbrauhaus sur sa façade, une immense Salle à boire voûtée au rez-de-chaussée et une salle des fêtes au premier étage. N’hésitez pas à entrer pour vous plonger dans l’atmosphère vibrante de la vie bavaroise.. L’aménagement se constitue d’immenses tables de bois et de bancs. Entre les voûtes sont accrochés des drapeaux et des banderoles à motifs de losanges bleues et blancs : les couleurs de la Bavière. Vous pourrez y entendre des ensembles de musiciens vêtus du costume traditionnel – culotte de cuir à mi-cuisse, chemise blanche en lin, hautes chaussettes et chapeau agrémenté d’un blaireau. Les trois instruments principaux sont le cor, la cithare et la « Hackbrett », une sorte de planche munie de cordes que l’on fait vibrer à l’aide de petits marteaux. Pour ce qui est du culinaire : les spécialités sont le jarret de porc grillé, les saucisses blanches accompagnées d’un bretzel et le fromage de foie grillé. Un dernier petit point assez noir de l’histoire. C’est en effet ici qu’un jeune étudiant débarqué d’Autriche fit ses premiers discours politiques dans l’espoir de préparer un putsch. Il allait devenir tristement célèbre : Adolf Hitler.


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