La voûte de l’Eglise Saint-Pierre

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La voûte de l’Eglise Saint-Pierre

Allons nous placer au centre de la nef centrale au bout de laquelle nous nous trouvons et levons les yeux vers la grande fresque s’étendant sur la voûte.

Quelle finesse de tons ! La composition semble plongée dans une lumière dorée. Le jaune pâle domine ainsi l’ensemble. Elle fut réalisée autour de 1720 par un certain Zimmermann. Né en Bavière en 1680, cet artiste reçut une formation première de stucateur : il formait des statues en stuc. En 1720, il entra au service de la cour munichoise et entreprit parallèlement à son activité de sculpteur, une carrière de fresquiste. Dès lors, il réalisa des aménagements intérieurs complets depuis la décoration des murs jusqu’aux fresques des plafonds. Ainsi, comme ici, les pièces qu’il conçut bénéficièrent d’une grande harmonie stylistique. Ses fresques se caractérisent par une richesse de couleurs chatoyantes et une mise en scène au milieu d’une luxuriante végétation. Alors que représente cette fresque ? Regardez dans la partie inférieure : nous voyons un vieillard presque dénudé crucifié sur une croix de bois que des hommes plantent à l’envers dans le sol. Et on reconnait bien sûr la crucifixion de Saint Pierre qui fut crucifié la tête en bas. A gauche de la scène se tient un groupe de cavaliers romains observant l’évolution de l’événement et au dessus d’eux sur un rocher se dresse une église auréolée de lumière. Ce sanctuaire fait allusion à la future construction de la basilique de Saint Pierre de Rome qui fut construite sur la sépulture du Saint martyre. Nous trouvons sur ce plafond, les caractéristiques propres à Zimmermann. Son idée est de transposer la scène dans un jardin presque féérique. Pour ce faire, il utilise beaucoup de couleurs pastelles comme le vert clair et une abondance d’éléments provenant de la nature. Regardez par exemple dans la partie inférieure de la composition : voyez-vous la mini-cascade qui coule des rochers ? Et voyez comme la tonalité vert clair de l’herbe la fait ressembler presque à un tapis.
Zimmermann sait aussi utiliser l’ensemble de l’espace dont il dispose en créant de grands mouvements grâce aux nuages et aux arbres. Remarquez-vous comme le grand arbre dressé à droite semble pointer ses branches vers le sommet de la composition et comme les nuages conduisent également notre regard vers le sommet ? Regardez justement la partie supérieure correspondant au ciel ouvert au dessus du martyr de Saint Pierre. Nous voyons un groupe constitué d’une femme vêtue d’un grand drapé rouge brun et de plusieurs anges qui volent dans le ciel au dessous d’un grand soleil brillant occupé au centre par un triangle. Vous connaissez déjà la signification de ce triangle. Il s’agit bien sûr de la Sainte Trinité : père, fils et Saint Esprit. Regardez la femme entourée d’anges. Elle tient dans une main un calice et sur ses genoux repose un grand livre. Vous avez sans doute deviné qu’elle personnifie la foi catholique. En dessous de cette figure, nous voyons un ange couvert d’un drapé vert et d’une robe orange qui tient une couronne de laurier et une palme. Les voyez-vous ? il s’agit des symboles des martyres chrétiens. Ce groupe attend dans le ciel la fin du supplice de Pierre pour récupérer son âme et la conduire au paradis.


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