L’Eglise Saint Jean Népomucène

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L’Eglise Saint Jean Népomucène

Achevons notre promenade en nous rendant vers l’église Saint Jean Népomucène.
Prenez désormais la Sedlinger strasse qui passe devant la demeure Ruffini et descendez pendant quelques 5 minutes jusqu’à l’église située au numéro 45. Vous ne pouvez pas la manquer. Elle se situe sur le trottoir de droite et est précédée par un portail très décoré et possède un clocheton à son sommet.

Placez-vous sur le trottoir face à l’église pour mieux englober la façade du regard.

On a l’impression que la façade de l’église fait corps avec les immeubles situés de chaque côté. La façade est même un peu étroite malgré sa magnifique décoration : elle semble se frayer un chemin entre les bâtiments. Regardez bien comme l’immeuble situé à gauche est envahi par les décorations sculptées baroques. Entre chaque fenêtre, à chaque étage, nous découvrons un angelot voletant, des palmettes ou des guirlandes de fleurs. Nous pouvons supposer que l’église et la demeure furent bâties à la même époque et sans doute par les mêmes architectes.
Le célèbre sculpteur Egid Quirin Asam acheta en 1729 une demeure située dans la Sedlinger strasse. Il entreprit aussitôt des transformations et conçut ainsi la maison que nous voyons à gauche de l’église. Nous reconnaissons sans problème le travail d’un sculpteur qui a surchargé la façade de motifs ornementaux particulièrement raffinés.
Deux ans plus tard, il annonce souhaiter aménager une chapelle dans cette demeure qu’il veut dédier à Saint Népomucène. Le clergé fut absolument enchanté car ce quartier de Munich ne disposait pas de paroisse. En 1733, les deux frères Asam achetèrent donc le terrain situé à droite de l’église pour y installer un séminaire de prêtres chargés de s’occuper de l’église. Vous remarquez que ce second bâtiment est beaucoup plus simple que la demeure de gauche. Il fut reconstruit en 1770 à une époque où les ornements rococo très mouvementés étaient passés de mode. Nous avons ici un bel exemple de l’évolution des styles : à gauche, une maison rococo avec des ornements de stucs très mouvementés et déchiquetés qui envahissent la façade. Et à droite, le style néo-classique avec une grande régularité et une simplicité des formes architecturales. Nous voyons que les deux immeubles et l’église forment tout un complexe architectural.

Regardons donc maintenant la façade de l’église dont la première pierre fut posée en 1733 par le prince héritier de Bavière lui-même. Elle est particulièrement visible au milieu du complexe en raison de sa forme mouvementée. Regardez bien : au niveau des ouvertures, elle est de forme concave c'est-à-dire qu’elle s’avance vers nous. Alors que sur les côtés, elle est de forme convexe : elle est en creux. Cela donne un mouvement de vague à la façade.
Mais l’impression de mouvement –si chère au baroque- vient aussi de l’utilisation des couleurs : voyez les hauts pilastres gris et jaune à droite et à gauche qui séparent l’église des immeubles. Et voyez les bandes gris-bleu et enfin les pilastres roses de part et d’autre de la porte et de la haute fenêtre. On a donc là un jeu de couleurs qui nous fait d’abord regarder le centre où les couleurs sont plus vives. Et enfin, il y a un autre artifice pour capter le regard : remarquez comme les veines du marbre sont bien apparentes sur ces magnifiques supports polychromes. Il ne s’agit en aucun cas de marbre, mais de stuc poli à l’imitation du marbre. D’ailleurs, ces différentes tonalités n’existent pas dans la nature. Cette façade possède également un élément très étrange et typique du rococo. Vous l’avez sans doute remarqué. Il s’agit de ces 2 blocs de roches qui dépassent et descendent sur le trottoir à gauche et à droite de l’entrée. Il semble presque que l’église soit construite sur une colline ou une montagne et que la roche affleure devant les pilastres. Ces rochers répondent absolument à la première définition du rococo. Car ce style vient de France où il s’appelait « rocaille ». Il s’agissait en effet d’imiter les rochers naturels, les coquillages. Ce style a été un des derniers feux du baroque et nous en trouvons donc un des derniers exemples ici. Mais ici, les rochers ont en outre une signification théologique. Car ils font références à saint Pierre chargé par le christ de bâtir une église sur un rocher et également à Népomucène, protecteur de l’eau et des ponts.


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