La Colonne de la Peste

Le vieux vienne du graben au burgtheater

La Colonne de la Peste

Parmi les monuments les plus réputés du Graben, il y a bien sûr la « Colonne de la peste ».Vous la voyez certainement, elle domine la place. Approchons-nous-en. Une épidémie de peste ravagea Vienne en 1679 et on édifia cette colonne en 1686 pour en commémorer la fin. Mais cette colonne est aussi l’une des manifestations les plus éloquentes de l’image que les Habsbourgs voulaient donner de leur pouvoir. Car enfin les Habsbourg ne sont plus en guerre active avec leurs 2 grands ennemis : les Turcs d’un côté et les Français de Louis 14 de l’autre.

Il faut citer une date : 1683. Cette année-là, les Ottomans essuient un nouvel échec sous les murs de la ville : ils partent et ne reviendront plus. Cette libération de Vienne signe le reflux progressif et définitif des Turcs des territoires des Habsbourgs, ceci après 150 ans de présence. Ce départ met définitivement un terme à la menace ottomane sur l’Europe centrale. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, quelques années plus tard, c’est la guerre pour la succession d’Espagne contre Louis quatorze qui s’achève. Et donc, on peut dire que l’année 1683 inaugure l’époque de l »’Austria Glorosia », de l’Autriche Glorieuse donc. Cette période s’accompagnera de constructions prestigieuses, de monastères, d’églises et de palais sur fond de triomphe de l’art baroque. Mais revenons à cette colonne de la peste.

Regardons-la. Elle se divise en trois parties clairement séparées. Voyez à son sommet tout d'abord : on y trouve la représentation de la Sainte Trinité, assise sur des nuages : il y a le Père, le Fils tenant la Croix et la colombe du Saint-Esprit dans un halo de lumière. Elle irradie sur la partie centrale de la colonne. Celle-ci est décorée d’anges, d’hommes et aussi par des emblèmes des régions et royaumes de la monarchie autrichienne. Regardez bien ces corps comme ils animés, comme ils se bousculent les uns les autres et comme ils sont noyés dans un environnement vaporeux. Tout cela, c’est la marque de l’art baroque : quand vous voyez de la théâtralité, du mouvement, c’est à coup –presque sûr- du baroque. Maintenant, regardez la 3ème partie : regardez la base du piédestal. Qu’y voyez-vous ? Oui.. on voit un homme agenouillé sur un coussin et qui soutient la colonne. Cet homme, c’est l’empereur Léopold. Et on le voit en prière. Bref, le message est clair : le souverain porte son peuple et –grâce à sa foi chrétienne- a permis le départ des fléaux qui attaquaient son royaume : la peste tout d’abord et les Turcs ensuite. Et regardez encore sous l’empereur : vous voyez une jeune femme, croix à la main, qui terrasse une femme hideuse : c’est une représentation classique de la Foi terrassant le Mal. Ce monument est très caractéristique de l’époque : l’art baroque est utilisé pour faire passer les messages politiques. Mentionnons enfin qu’il a été dessiné par le célèbre Fischer von Erlach surtout connu comme architecte.


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