L’église St Pierre

Le vieux vienne du graben au burgtheater

L’église St Pierre

Mais venons-en à l’église Saint-Pierre, l’une des rares églises réalisées par Hildebrandt qui était plutôt un spécialiste de l’architecture palatiale. Avançons de quelques pas.

Regardons cette façade. Selon la tradition, cette église aurait été construite par Charlemagne au neuvième siècle. Mais, on voit bien qu’il ne reste rien de cette époque. Tout a disparu en 1701 lorsque Léopold 1er fit tout raser pour faire du neuf. Et Hildebrandt donc se voit confier le projet de la nouvelle église avec cette gageure architecturale qui consiste à insérer une église importante dans un espace très restreint, au milieu d’une des plus petites places de la ville intérieure.
La façade s’inscrit dans la perspective de la courte rue qui permet de rejoindre le Graben. Pourtant, bien que ne bénéficiant que d’un espace restreint, on ressent de l’attirance pour cette façade. Alors, essayons de comprendre son pouvoir d’attraction et pour cela, regardons-la bien. Regardons la façade : elle a une allure élancée, n'est-ce pas ? Elle se compose de deux clochers latéraux, mais ces clochers percés de niches sont placés légèrement en biais. On dirait des bras qui cherchent à nous enrouler. Vous voyez ? Bien ! Regardez tout en haut maintenant : il y a une coupole vert-de-grisé qui est coiffée d’un petit lanternon. Et on voit que la coupole est placée légèrement en retrait. En fait, elle semble s’effacer devant une sorte d’avancée à deux niveaux. On appelle cela un avant-corps. Regardez-le : il est percé par une grande fenêtre et couronné par un parapet, une sorte de balcon. Mais arrêtons-nous quelques instants sur cet avant-corps, car il est la pièce maîtresse de la façade. Commençons son examen en regardant la partie gauche, la tour de gauche donc. Et laissons notre regard aller de la gauche vers la droite. D’abord, notre regard sur la tour va vers le fond, l’arrière puis cela remonte vers l’avant puis retourne vers le fond lorsqu’on regarde le centre. Puis vers l’avant à nouveau puis on arrive à l’autre tour et là encore, notre regard va vers le fond puis remonte pour finir. En fait, avec cette ondulation, on a l’impression que la façade se plisse sous la pression des tours latérales. Et voyez les colonnes plates posées sur les murs. Ce sont des pilastres. Alors, bien évidemment, elles n’ont aucune fonction de soutien : elles sont décoratives et elles semblent être là pour contenir cette pression que nous ressentons entre les éléments. Conclusion : alors que l’église est petite, elle dégage une impression de puissance. On comprend ici tout le parti qu’Hildebrandt a su tirer de son observation des églises romaines. Avançons maintenant vers le portail d’entrée. Un mot sur le portail maintenant : il est relativement sobre. Il est cependant décoré de trois statues qui sont à son sommet : vous les voyez ? Ce sont les trois vertus théologales. Celle qui est à gauche avec une ancre, c’est l’Espérance. A droite, avec de petits enfants : c’est la Charité. Et en haut au sommet du portail, avec un calice à la main : c’est la Foi. Allez donc faire un petit tour dans l’église : son unité est remarquable. Vous y verrez bien sur des stucs, du marbre, des dorures, et puis dominant l’ensemble, il y a la très belle fresque de Johann Michael Rottmayr qui décore la coupole elliptique de Saint-Pierre. Nous nous retrouvons à l’extérieur de l’église, après votre visite.


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