L’ancienne Chancellerie de Bohême

Le vieux vienne du graben au burgtheater

L’ancienne Chancellerie de Bohême

Et maintenant, il est temps de quitter la Judenplatz pour aller voir l’une des rares églises gothiques de Vienne, l’église Maria am Gestade. Pour nous y rendre, tournons le dos à la Kurrentgasse, la rue par laquelle nous sommes arrivés. Devant nous, de l’autre côté de la place, un long bâtiment c’est l’ancienne Chancellerie de Bohême à l’austère et lourde façade. À gauche de la chancellerie, la petite ruelle Futterergasse. On se retrouve à son entrée.

Vous êtes à l’entrée de la Futterergasse. Comme vous le voyez, elle relie la Judenplatz à une autre rue, la Wipplingerstrasse. Sur votre droite toujours la Chancellerie de Bohême, le bâtiment imposant, occupe tout un îlot. Enfonçons nous dans la Jordangasse, prenons la première rue sur notre droite et arrêtons-nous devant le N°7 pour admirer le portail de la Chancellerie.
Vous êtes maintenant au N°7 de la Wipplingerstrasse juste devant le portail de la monumentale Chancellerie de Bohême. Autrefois, dès le Haut Moyen-âge, le titre de chancelier était porté par un haut dignitaire de l'Eglise Catholique qui assistait le souverain pour les affaires judiciaires. Le Chancelier avait notamment pour tâche d'apposer le Sceau Royal sur les Édits d'où, cette appellation de "Garde des Sceaux" encore utilisée notamment en France. Dans l’Empire des Habsbourg chacun des grands Etats possédait une Chancellerie. Ainsi, la Chancellerie de Bohême était chargée des affaires de Bohême au nom de l’empereur qui portait le titre de roi de Bohême, possessions héréditaires des Habsbourg depuis mille cinq cent vingt-sept. La Bohême était considérée comme le joyau de la couronne, province riche, peuplée et déterminante sur le plan politique pour les Habsbourg. La façade de la Chancellerie dans sa massivité est là pour nous le rappeler. La construction du bâtiment a été confiée à l’un des ténors de l’architecture baroque viennoise  Johann Bernhard Fischer von Erlach. Ce bâtisseur hors pair était à l’aise dans tous les domaines, de l’orfèvrerie à l’architecture en passant par la sculpture (souvenez-vous, la colonne de la peste sur le Graben c’était lui !) Ici Fischer von Erlach est dans son registre le plus habituel : l’architecture palatiale. Regardons ensemble la façade de ce palais qui passe pour être l’une des plus belles réalisations de Vienne.

Seule cette partie de la façade est l’œuvre de Fischer von Erlach, pour le reste, le palais a été agrandi au milieu du dix-huitième siècle bien après la mort de l’architecte. Ceci nous permet de noter le contraste entre la finesse du portail originel et le reste du bâtiment.

L’organisation plastique de la façade est simple, elle s’ordonne autour d’un corps central composé de trois niveaux, le tout couronné par un fronton triangulaire. Chacun des étages est divisé en trois travées. Le plus impressionnant reste le rez-de-chaussée. L’ensemble est traité à la manière d’un arc de triomphe pour mieux mettre en valeur le bâtiment. Le portail assez haut et agrémenté de deux solides atlantes, ces statues d’hommes qui soutiennent un beau balcon en fer forgé. Le passage vers l’étage noble se fait le plus naturellement du monde et la corniche saillante qui court entre les deux étages joue pleinement son rôle rythmique, mettant délicatement en valeur les nuances décoratives entre un rez-de-chaussée martial avec ses figures masculines prisonnières de la pierre et un étage noble où d’élégantes statues se détachent de la façade. Observez aussi la décoration très riche des fenêtres couronnées, au centre de l’emblème de la Bohême. Ajoutons que l’exiguïté de la rue accentue d’autant la sensation d’élévation de cette façade. On est loin ici de la lourdeur de la façade qui donne sur le Judenplatz.


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