La Colonne mariale

Le vieux vienne du graben au burgtheater

La Colonne mariale

Traversons maintenant la place et approchons-nous de la Colonne mariale.

Après la colonne de la peste du Graben vue tout à l'heure, c’est la seconde colonne que nous rencontrons. Comme pour le Graben, ce monument n’a jamais eu pour but de décorer simplement la place Am Hof. Non ! Elle fait partie de l’arsenal de propagande des Jésuites.

Les jésuites se sont très vite implantés dans les territoires des Habsbourg. A Vienne, c’est en 1551 que l’empereur Ferdinand premier leur tend la main. 2 ans plus tard, ils s’établissent dans l’ancien couvent des Carmes qui se trouve alors sur la place Am Hof, là même où nous sommes. Au milieu du 17e siècle, Vienne rayonne: les Habsbourgs -catholiques- viennent de gagner sur les protestants toute une série de batailles sur les protestants. C’est l’âge du baroque et des grands projets d’urbanisme. On remodèle la ville et la grande place Am Hof. En 1645, on décide la mise en valeur de la place. Et on marie l’utile à l’agréable, c'est-à-dire la propagande à l’art. Ici, de quoi s’agit-il ? Cette colonne est le symbole de la Foi mais aussi de la Force. Regardez en haut de la colonne : on y Marie représentée en train d’écraser le Mal : c’est la forme hideuse qui gesticule sous ses pieds. Souvenons-nous au passage que Marie et sa place importante dans le dogme catholique étaient remises en cause par les protestants. Et c’est pour cela que les catholiques brandiront toujours Marie comme étendard lors de leurs batailles et qu’ils ne ratrons jamais une occasion de la mettre en avant. Ce qui est le cas ici. Regardez maintenant le piédestal sur lequel repose la colonne : aux quatre coins, on voit des chérubins potelés -qui représentent le glaive de Dieu- et qui luttent contre les vices. Glaive à la main, ils sont prêts à couper en morceaux les quatre plaies de l’Humanité. Faisons le tour pour les voir: elles sont personnifiées. Le Lion figure la Guerre, le Dragon la Famine, le Serpent l’Hérésie et il y a le Basilic, cette sorte de reptile monstrueux qui représente la Peste. Ces fléaux qui accablent les hommes sont combattus par l’Eglise dont le bras armé est l’Ordre Jésuite et les Habsbourg.


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