L’aristocratie viennoise

Le vieux vienne du graben au burgtheater

L’aristocratie viennoise

Mais poursuivons notre promenade en prenant la Herrengasse à gauche lorsqu’on est face au palais. Descendons-la jusqu’au N° 14 où se trouve le Palais Ferstel, autre curiosité du quartier. Chemin faisant évoquons un peu ces grandes familles aristocratiques de l’Empire des Habsbourg. La « Herrengasse » n’est-elle pas littéralement « la rue des Seigneurs », longue rue située à deux pas du palais de la Hofburg, la résidence de l’Empereur. Dire que la noblesse a joué un rôle important à Vienne est peu dire ! Vienne c’est d’abord la capitale de l’Empire, c’est donc là que la vie de Cour s’organise, et qu’il faut être vu. La Cour de Vienne emploie plusieurs milliers de personnes et son fonctionnement nécessite une organisation très structurée gérée par une sorte de gouvernement composé de dignitaires de haut rang. Pour faire partie de ce « club » très fermé, il faut justifier d’une très vieille noblesse, remontant au minimum à huit générations du côté paternel ! Au début du 19ème siècle, l’ambassadeur de France rapporte que « dix ou douze familles par leur prestige, leur opulence, leur éclat historique, font la pluie et le beau temps sur cette vie de cour». Il ajoute qu’elles sont unies par des liens et fonctionnent en réseaux. L’été, tout ce beau monde s’échappe sur ses terres où de grandes chasses sont organisées. On peut ainsi aller prendre les eaux en Bohême, à Marienbad. Ces familles constituent ce qu’il est convenu d’appeler la « première société » et pour y pénétrer il faut montrer patte blanche. Les palais dont nous admirons les façades appartiennent à ces grandes familles Kinsky, Lobkowicz, Harrach, Liechtenstein, Schönborn. Elles convoquent les architectes les plus réputés de l’époque et ne se contentent jamais d’un seul palais, mais les essaiment dans l’Empire. Ainsi, on peut admirer un très beau palais Kinsky à Prague sur la Place de la Vieille ville ! Mais tous ces palais ne passeront pas l’épreuve du temps et certains, sur la Herrengasse, seront livrés au début du 20ème siècle aux démolisseurs tel le palais Schwarzenberg ! Il est vrai que ces grosses bâtisses ne sont pas toujours confortables mais humides et froides et sans commodités. Si le luxe s’étale dans les pièces d’apparat le confort y est sommaire pour ne pas dire spartiate dans les autres pièces. Ecoutons sur ce sujet le prince Alfons Clary-Aldringen décrivant le palais de sa famille sur la Herrengasse à la fin du 19ème siècle : «seules les pièces de réceptions étaient munies de cheminées. Pour les autres un simple poêle. On s’éclairait toujours aux bougies et aux lampes à pétrole». A la fin du 19ème siècle, beaucoup migreront vers le Ring où une nouvelle génération de palais voit le jour.
Continuez à marcher jusqu’au palais Ferstel au n°14.


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