Le palais Ferstel

Le vieux vienne du graben au burgtheater

Le palais Ferstel

Voilà. Nous sommes maintenant devant le Palais ferstel. IL occupe toute la première partie de la Herrengasse, sur le trottoir de gauche. Ce palais est en fait un large îlot entre la Herrengasse et le Freyung. Prenez le trottoir opposé pour mieux regarder cette étonnante façade jusqu’à son extrémité où se trouve un café renommé à Vienne : le Café central.

Vous êtes maintenant à l’extrémité du palais Ferstel, devant sa belle façade décorée d’un balcon et de statues de pierre. Au rez-de-chaussée se trouve le Café Central, l’un des plus connus de la ville, nous vous conseillons d’ailleurs d’y faire un arrêt. Mais, avant cela, parlons un peu de cette bâtisse : le Palais Ferstel ! Il ne s’agit pas d’une demeure princière, pas plus que du siège d’un office impérial. Non, le palais Ferstel, du nom de son architecte Heinrich Ferstel, est un espace multifonctionnel regroupant les bureaux de la banque austro-hongroise, l’ancienne Bourse, un café et des boutiques ! Il est considéré par ailleurs comme la dernière construction de prestige de la ville intérieure avant la mise en chantier du Ring. Sa construction date de 1866 et son style relève du mariage étrange entre tradition et modernité. Alors la tradition tout d’abord. Où la trouve-t-on ? Ici, au palais Ferstel, l’architecte a trouvé sa référence dans l’architecture de la Renaissance florentine. C’est peut être une façon de relier la vocation financière du lieu au prestige des villes marchandes italiennes du quinzième siècle. Regardons la façade que nous venons de longer. Son rythme est donné par une succession de travées composée de trois niveaux percés de fenêtres cintrées. Le rythme de chacune des travées est relancé par des piliers polygonaux qui s’interposent et sur lesquels repose une corniche saillante couronnée d’une balustrade. Et tout cela, c’est typique de l’architecture de Florence à la Renaissance. Même la couleur de la pierre est celle des pierres de Florence. Notez encore que la dernière partie de cette façade est soulignée à l’angle par la présence d’un balcon ajouré. Et pourtant, on l’a dit, ce palais est très récent. Bref, on a fait du neuf avec de l’ancien : c’est l’éclectisme, un style qui fleurira dans beaucoup de capitales européennes à cette époque.
Au fait, et la modernité dans tout cela ? Et bien, elle se trouve à l’intérieur du Palais. Pour s’en rendre compte, revenez sur vos pas, longez la façade latérale sur une quinzaine de mètres pour rejoindre l’entrée. A tout de suite.

Vous êtes maintenant devant l’entrée du Palais Ferstel. De là, si vous le désirez, vous pouvez rejoindre la Freyung -la place où nous étions tout à l’heure- en empruntant un passage qui fait office de luxueuse galerie marchande. Cette « architecture des passages » était très répandue à Milan, Paris, et Prague et elle symbolisait le passage d’une époque à une autre. Ces passages étaient souvent couverts d’une verrière portée par des charpentes métalliques et laissaient le soleil illuminer les magasins une grande partie de la journée. Mais à Vienne l’aristocratique, cette architecture de boutiquiers –comme le disaient certains- était très rare.
Mais le jeune Ferstel s’en moque et il réalise sa galerie en utilisant le matériau de la modernité : le verre. Il en couvre la galerie et les cours attenantes. Autant de verrières lumineuses qui témoignent de l’ouverture de l’architecte Heinrich Ferstel aux innovations architecturales de son temps. Maintenant, libre à vous d’arpenter le palais Ferstel. Dans tous les cas nous nous retrouvons devant le Café Central. A tout à l’heure.


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