La place des Frères Mineurs et l’église

Le vieux vienne du graben au burgtheater

La place des Frères Mineurs et l’église

La dernière partie de notre promenade va nous conduire de la Herrengasse jusqu’à la place des Frères Mineurs, la « Minoritenplatz »et à son église du même nom, avant de s’achever à proximité du Burgtheater sur le bord du Ring. Allons-y. Vous êtes toujours devant la façade du café Central. Laissez le Café derrière vous et traversez la rue pour le trottoir d’en face sur lequel se trouve un palais baroque de la fin du dix-septième siècle dans lequel a été installé le Musée de la Basse-Autriche. Longez ce palais en le laissant sur votre droite et avancez jusqu’à la 1re rue que vous rencontrerez : ce sera la Leopoldfiglgasse.

Maintenant, tournez à droite dans la Leopoldfigl gasse, pour rejoindre la Place des Frères Mineurs.

Vous êtes maintenant sur la place des Frères Mineurs et l’arrière d’une église se trouve juste devant. Tout de suite vous notez ce qui fait l’originalité de cette église : son clocher très haut dont le modèle doit être cherché du côté des campaniles italiens. L’église date du treizième siècle et appartient à la congrégation des Frères Mineurs, c’est-à-dire à l’ordre des Franciscains. Passons maintenant sur la gauche de l’église afin de rejoindre son entrée principale.

Nos sommes sur le parvis de l’église. Elle présente une façade divisée en trois parties, très dépouillées. Elle est percée de trois grandes fenêtres séparées par deux longs contreforts qui montent jusqu’au sommet de la façade. Le plan adopté par les architectes correspond à celui des églises-halles dont la caractéristique est de posséder trois nefs de même hauteur. Ces églises-halles furent les auxiliaires des grandes prédications médiévales car on pouvait y accueillir un nombre important de fidèles. Seule touche décorative, le portail. Approchons-nous pour mieux l’observer.

Le portail central de la façade est la seule note décorative. Il se compose d’une succession de voussures qui encadrent dans la partie haute un tympan sculpté et qui, dans la partie basse, sont décorées de statues-colonnes représentant des saints. Au centre du portail, une belle statue de la Vierge à l’Enfant. Mais le plus intéressant est sans doute la représentation de la Crucifixion au tympan du portail, c’est à dire à son sommet. Approchons-nous-en et regardons-le : le sculpteur, un certain Jacques de Paris, a divisé l’espace en trois au moyen de grands arcs de pierre. Regardons ces espaces un instant : il y a en bas les hommes et les femmes, en haut le christ. On pourrait presque dire, au Christ le monde céleste et aux hommes représentés ici par Marie et les saints, le monde terrestre. Et maintenant, regardez bien le christ et sa croix: celle-ci n’est pas très régulière. Ses bras sont arrondis et on se rend compte que la croix du christ coupe en 3 morceaux l’espace où elle se trouve. Bref, elle reproduit le même espace, mais en plus petit. Est-ce que vous voyez ? Et qu'est-ce qui dans cet espace est dans la partie haute : c’est le panneau dont les initiales signifient « Jésus Fils de Dieu ». Donc, un panneau qui met Dieu le père en avant. Et c’est là que le procédé du sculpteur nous semble très astucieux. IL capture notre regard : d’abord, nous voyons les bordures du portail qui guident notre regard vers son intérieur. Là, nous découvrons ces trois parties et surtout la partie contenant le christ, car elle est au centre toutes les lignes. Et là encore quand nous regardons ce christ, le même procédé est utilisé pour faire notre regard aboutir à Dieu.


<< 18 - Le Café Central...         20 - La rue « Clara Gasse... >>

Sommaire complet du dossier :