La salle capitulaire

Les antiques de glanum puis st paul de mausole

La salle capitulaire

Par la porte qui se trouve tout à côté, nous entrons dans la salle capitulaire : c’était l'ancienne salle où se réunissaient les moines au moment de prendre des décisions communautaires. Cette assemblée s'appelait le Chapitre et c’est de là que vient notre expression avoir droit au chapitre.

La salle capitulaire sert de boutique. Elle a gardé de son architecture médiévale ses voûtes d'ogives très épaisses. Levez les yeux, et vous voyez les ogives en question : ce sont ces grosses nervures de pierre qui sous-tendent la voûte et se croisent pour la supporter. Passons dans la salle à gauche et montons l'escalier qui s'y trouve.

Nous sommes maintenant dans ce qui, à l'origine, était l'ancien dortoir des moines, reconverti depuis des siècles en locaux pour les malades. Dans la pièce à gauche est reconstituée une chambre qui aurait pu être celle de Van Gogh.

Maintenant, nous allons dire quelques mots sur cette période sombre de sa vie, mais période féconde d’un point de vue artistique.

Quand il arrive à Saint-Paul, Vincent est pleinement conscient de sa folie et en souffre abominablement. Au début, il ne peint plus. Tout son rêve s'est écroulé. Il avait rêvé de refaire à sa manière, et avec Gauguin, un équivalent provençal de l'école de Pont-Aven. L'arrivée de Gauguin avait conforté son espoir et cet atelier qu’il avait baptisé dans sa tête l'atelier du midi devait être son œuvre. C’était ce à quoi il tenait le plus. Miné par l'alcool, la maladie, les privations, Vincent se sent horriblement vieux, et rejeté. Plusieurs portraits de cette époque nous le montrent comme s'il avait trente ans de plus que son age réel.
Ici à st Paul, Vincent se concentre entièrement sur lui-même, loin de la société qu'il ne supporte plus. Dans la solitude de l'hospice, il va se remettre à peindre au bout de quelque temps. D'abord dans sa cellule puis dans le jardin puis dans les environs comme les panneaux nous l’ont rappelé sur le chemin menant à l’hospice. Il passera tout d’abord une grande partie de son temps à copier les œuvres d'artistes qu'il aimait. Ici à st Paul, copier lui paraît être une consolation. Il exécute 34 copies d'œuvres dont 20 d'après Millet. Très souvent, il n'a pas connu les œuvres peintes, mais seulement des reproductions en dessin ou en gravure qui toujours sont en noir et blanc. Et c'est à lui de mettre de la couleur. Cette couleur, il va l'imaginer, lui donner des valeurs symboliques, en un mot la faire sienne. Ses copies ne sont donc pas du tout académiques. On peut dire qu’elles sont plutôt une interprétation très personnelle des œuvres des peintres qu'il aime. Mais jouer sur les couleurs pour exprimer son désarroi ne le satisfait plus. IL commencera petit à petit à peindre la nature environnante et les alentours de saint Paul. Mais des alentours bien étranges : les champs d'oliviers sont tortueux, les paysages sont tourmentés, le ciel est toujours chargé d’un soleil représenté par une grosse boule de feu incandescente. Vous l’avez compris, c’est plus son tourment personnel qu’il faisait ressortir que celui de la nature du lieu. La période de St Paul est peut-être une des plus fructueuses pour la qualité des œuvres, mais c’est clairement la plus tourmentée aussi. Nous comprenons par ses œuvres à quel point il pouvait souffrir. Dans une des rares lettres conservées par Vincent, son frère Théo lui écrit : " Tes dernières toiles m'ont fortement donné à réfléchir à propos de ton état d'esprit au moment où tu les as faites. Il y a dans toutes une force de la couleur que tu n'avais encore jamais atteinte jusque-là… ; mais tu es encore allé plus loin. Il y a des peintres qui cherchent le symbole sur le chemin de l'altération de la forme par la violence, je trouve cela exprimé dans beaucoup de tes toiles … mais comme ta tête a dû travailler, comme tu as osé aller jusqu'à l'extrême limite, là où l'on doit inévitablement être pris de vertige"… Vincent quittera St Paul quand il se sentira guéri, au mois de Mai 1890 pour Auvers sur Oise. 2 mois plus tard, il se tire une balle dans la poitrine et décède peu après dans les bras de son frère.


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