Les Baux de Provence : histoire

Les baux de provence

Les Baux de Provence : histoire

Et d’où vient ce nom de Baux ? À l’origine, cela vient du provençal « baou » qui désigne des rochers élevés et abrupts. On y a retrouvé des signes d’habitation remontant à plusieurs millénaires. Les premières traces ont été retrouvées dans des grottes au pied de la falaise. Il y a d’ailleurs toujours un site néolithique dont quelques vestiges sont encore visibles dans la campagne au pied de la falaise. Vous pourrez, si vous le souhaitez, aller y faire un tour à la fin de votre visite. Ensuite, pour se protéger des humains et non plus seulement des animaux, les populations montent sur le plateau et s’y sédentarisent.

Selon la légende, la maison féodale des baux descendrait du roi Balthazar, qui serait venu en Provence après avoir salué l'enfant Jésus dans la crèche de Bethléem. Les armes de cette famille montraient avec orgueil la comète au 16 raies d'argent et leur devise était "au hasard Balthazar". L'histoire, plus prosaïque, fait remonter le fondateur de la première maison des Baux à Hugues des Baux qui vivait au début du 11e siècle. Ses descendants atteignirent l'apogée de leur puissance au 13e siècle. Suzerain de plus de 72 châteaux, ils étendaient leur puissance sur des domaines qui comprenaient Arles et Martigues, une partie de la Camargue et la principauté d'Orange. Seigneurs orgueilleux et insoumis, alliés aux plus grandes familles d’Europe, ils se heurtent à leurs puissants voisins de Toulouse et de Provence, ainsi qu‘à l’encerclement progressif par le Royaume de France. Ces conflits incessants ravagent la Provence, théâtre de violence, pillages et incendies.
Nous sommes au 13e siècle. C'est à cette période que se développent dans le pays occitan les cours d'amour. Troubadours et poètes, souvent de nobles lignées, venaient chanter la beauté et l'élégance des gentes dames pour lesquelles se battaient dans des joutes, parfois meurtrières, leurs chevaliers servants. Des concours de chants ou de poésie étaient organisés. La récompense suprême était le baiser de la belle. La cour des Baux acquit une réputation certaine dans le monde des lettres et le nom de certains poètes est parvenu jusqu'à nous.
Au 14e suit une époque troublée, où le seigneur des Baux, en désaccord et en lutte ouverte avec les papes d'Avignon subit plusieurs défaites. De cette période émergent quelques personnages emblématiques, comme le redoutable Raymond des Baux (ou de Turenne) qui mène les guerres baussenques (adjectif qui désigne tout ce qui provient des Baux). Il était surnommé le «Fléau de la Provence». Neveu du pape Grégoire 11, ce brigand sauvage jetait ses prisonniers de la falaise du château et riaient aux larmes devant l'attitude horrifiée de ces malheureux. Il fallut une conjuration du pape et du roi de France pour arriver à se débarrasser de cet horrible individu en 1399. Et en 1426 s’éteignit Alix, la dernière baronne des Baux. Elle n’avait pas de descendants et ainsi s’arrêta cette turbulente lignée. La baronnie des Baux est ensuite annexée au comté de Provence, et elle échoit en 1459 à Jeanne de Laval, la femme du roi René. Grâce au bon roi René et surtout à sa femme, devenue la reine Jeanne de Provence, le village connaît une nouvelle période faste. Hôtels et belles demeures sont construits sur le rocher et contribuent à son embellissement. Autour de la reine, amatrice d'art et très instruite, s'instaure une véritable cour où les poètes, les peintres, les enlumineurs rivalisent d'esprit et d'élégance.
Ce n'est qu' après la mort du roi René que la seigneurie des Baux fut réunie en 1481 au royaume de France en même temps que le comté de Provence. Et c’est finalement Louis 11, héritier des ducs d'Anjou, eux-mêmes héritiers de la Provence, qui en bénéficia. Mais cela ne se fit pas sans mal quelques cités ou baronnies dont les Baux, vous l’aurez deviné, refusèrent de passer au royaume de France. Le roi chargea le sire de Baudricourt de soumettre l'orgueilleuse cité. Pour la punir, Louis 11 ordonna la destruction des tours du château et fit raser le donjon en signe de soumission.
Il faut attendre le 16e siècle pour qu'une époque brillante s'ouvre à nouveau dans l'histoire de la ville. Puis viendra la grande erreur : être dans le parti des frondeurs qui s’opposèrent au roi Louis 13. Celui-ci le fera payer cher, très cher à la ville. Une grande partie des hôtels particuliers seront rasés et surtout ce sera l'anéantissement total du château. Il ne sera jamais reconstruit. Cela dit, comme nous vous l’indiquions, vous pourrez visiter le site en fin de visite. Vous aurez une très belle vue sur toute la plaine et les jours de grand beau temps on peut apercevoir la mer. Parlons de la démographie du lieu maintenant : pendant le Moyen Âge et jusqu'à la fin de la renaissance, la ville est habitée par plusieurs milliers d'habitants : 3000 au 13e siècle. Elle occupe les hauteurs. La démographie s'effondre rapidement dans la seconde moitié du 17e siècle pour arriver à 600 à la veille de la révolution. Le village est quasiment déserté à la révolution. Continuez maintenant à aller jusqu’à l’entrée du village.


<< 2 - Les Baux de Provence...         4 - Les Baux de Provence... >>

Sommaire complet du dossier :