Le musée Yves Brayer

Les baux de provence

Le musée Yves Brayer

Avant de partir, regardez à gauche la jolie porte qui reproduit un motif que nous avons déjà vu à la porte du musée des santons : ce sont les feuilles d'acanthes. Maintenant, nous allons prendre la rue de la calade droite devant nous et qui surplombe la porte Eyguière.
En montant, ne manquez pas d'observer les jolies grilles en fer forgé qui protégent les fenêtres des maisons qui bordent la rue sur notre gauche. Le fer forgé est un des éléments importants du décor provençal. .A partir de la Renaissance, le travail du fer forgé se répand dans tout le pays et les grilles deviennent un élément du décor des maisons, des jardins, des balcons sur la rue. On utilise aussi des grilles au sommet des beffrois ou des clochers. En vous promenant dans les villages, vous découvrirez sûrement ce genre d'architecture légère et élégante qui est devenu un des traits remarquables du paysage provençal.
Marchons jusqu’au bout de la rue de la calade qui débouche sur une place bordée à gauche par l'hôtel des Porcelets.

Nous voici sur la place François de Herain. Allons un peu sur la droite puis retournons-nous pour voir la façade de l'hôtel des Porcelets. C'est un bel hôtel de la Renaissance. Vous le reconnaîtrez à ses fenêtres à meneaux, c'est-à-dire coupées par des croisillons de pierre. Les fenêtres de la renaissance sont également caractérisées par leur grande rectitude : elles sont rectangulaires, encadrées de bandeaux de pierre qui en soulignent la géométrie. La renaissance est une période qui se caractérise entre autres choses par l'abandon des grosses demeures fortifiées tristes et froides, fermées de toutes parts pour se protéger des dangers environnants ; Au 16e, on essaie d'ouvrir les maisons sur des espaces de verdure. On veut profiter de la nature, de la chaleur du soleil à l'intérieur des pièces, de la beauté d'un paysage. On recherche une vie plus confortable, plus souriante et gaie. Et comme on le voit ici, on n'hésite pas à percer de nombreuses fenêtres. La façade principale donne sur la place. C'est actuellement le musée Yves Brayer. Qui est Yves Brayer ? Il fut un peintre immensément amoureux de la Provence. Nous disons « il fut » car il est décédé en 1990. Touche à tout, il utilise aussi bien l'huile que l'aquarelle dont il se fait une spécialité. Par ses nombreuses expositions, tant en France qu’à l’étranger, il imposa sa vision de cette région qu’il considérait comme l’essence même du paysage méditerranéen. L’entrée du musée est payante.

En entrant, sur votre gauche après la façade du musée, vous voyez un curieux édifice, comme une tourelle debout dans le coin de la place contre le mur de l'église. Cette tourelle circulaire est coiffée d'une coupole, elle-même ornée de gargouille. Elle est adossée au mur latéral de l'église. C'est une lanterne des morts. On annonçait le décès d'un habitant du village en allumant une flamme qui brûlait dans la partie haute percée de baies. Vous remarquez qu'elle est accolée à un cyprès. Cet arbre caractéristique de la Provence est considéré, ici et tout autour de la Méditerranée, comme l'arbre des morts ou arbre de l'éternité. On en trouve dans les cimetières où ils montent la garde prés des tombes. Pourquoi donc nous demanderez-vous ? Et bien, cela tient à son feuillage qui est toujours vert foncé, quelle que soit la saison. C’est donc un feuillage très persistant. Et, pour cette raison, il est devenu un symbole d'éternité. Il est donc là comme message d’espoir : il n’est pas là pour signifier la tristesse de la mort, mais au contraire pour rappeler que le défunt vivra –mais au ciel- pour l’éternité. Ajoutons à cela que sa forme, généralement assez élancée qui monte vers le ciel, est aussi une invite à la prière.


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