La rue neuve

Les baux de provence

La rue neuve

Nous sortons de la chapelle et nous nous avançons sur l’esplanade pour admirer la vue.

Admirez la belle vue qui s'offre à nos yeux sur le vallon de la fontaine. On y accédait par la porte Eyguières devant laquelle nous sommes passés tout à l'heure. A droite, tout au fond du vallon s'ouvre la route qui mène au le val d'enfer nommé de cette façon à cause du relief tourmenté qu'on y trouve, très déchiqueté, rocailleux, une route le traverse qui tourne terriblement, mais le paysage est magnifique. Et nous revenons sur nos pas jusqu'au musée Brayer.

Nous contournons le musée Brayer, l’hôtel des Porcelets et nous prenons la rue qui monte sur sa gauche : c'est la rue de l'église qui se trouve au coin de l’hôtel des Porcelet.

La rue de l'église nous mène au cœur du village. Au bout de 30 mètres, tournez à gauche dans la rue neuve.
Dans la rue neuve qui descend légèrement, à votre droite, vous voyez une maison en ruine dont seul un pan de mur percé d'une fenêtre renaissance à meneaux est resté debout .Les meneaux sont ces croisillons de pierre qui partagent les baies en 2 ou en 4. Celle-ci est d'excellente facture. Dépassez-la et retournez vous.

Elle est encore plus belle de ce côté. Regardez ces pilastres cannelés: ils sont sculptés dans leur partie haute de petites perles. Et puis au dessus de la fenêtre: le linteau a reçu une inscription en latin :"Post Tenebras Lux ", qui veut dire « après les ténèbres, la lumière»; suivi de la date 1571. C'est une devise calviniste qui a été gravée après que les protestants se sont emparés de la ville au 16e siècle. Cette maison était une dépendance de l'hôtel de Manville où siège actuellement la mairie. La famille de Manville, dont nous avons vu une tombe dans l'église, arrive dans le village des Baux au tout début du 16ème siècle. Ils sont d'origine normande. Pendant la 1re moitié du 16e, ils assument de hautes fonctions administratives dans le village et se montrent très tolérants vis-à-vis des reformés qui commencent à affluer, nombreux, chassées d'autres villages par les guerres de religion. Très rapidement, ils embrassent les idées de la Reforme. Les Baux deviennent donc un fief important de la résistance religieuse de la réforme. Mal leur en prit, car la vengeance des troupes catholiques fut terrible. Le village fut pillé et beaucoup de maisons complètement détruites. Regardez autour de vous : ce ne sont encore que ruines, qui ne furent jamais relevées. Et de cette lutte brutale, il ne nous reste en souvenir que cette fenêtre, sa devise et une date.


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