Le Clink Street

Les bords de la tamise du pont du millenium au pont de londres

Le Clink Street

Si vous visitez Vinopolis, en ressortant, vous prendrez en face de vous le passage sous le chemin de fer. Et sinon, revenons sur nos pas et cette fois-ci prenons à droite le passage sous le pont du chemin de fer.
Au débouché de l’arche sous laquelle nous venons de passer, nous arrivons dans un quartier digne des descriptions les plus sinistres de Dickens. Nous sommes dans le Clink Street, rue que nous allons emprunter jusqu’aux docks de Ste Marie Overie pour aller voir le bateau de sir Francis Drake. Le premier aperçu que nous avons du début de cette rue n’est guère favorable. Clink street est une rue à l’aspect sinistre et patibulaire mais n’ayez pas peur. De nos jours, les touristes ont remplacé les pirates et les mauvais garçons qui hantaient cet endroit. Celui qui en a fait les meilleures descriptions, pour y avoir vécu quand il était jeune, est Charles Dickens dans les "Pickwick papers".
En face de nous, à droite de la ruelle, nous voyons l’entrée béante d’un musée un peu particulier : C’est le musée des prisons. Il est annoncé à grand renfort de panneaux. Le musée rappelle qu’à cet emplacement, au 16e siècle, se trouvaient les prisons qu’on appelait les Clinks. Ce nom est à l'origine d'une expression populaire anglaise : "To be in the clinks : être au trou". Elles faisaient parties du domaine des Evêques de Winchester dont le palais jouxtait cet endroit et servaient de lieu de détention aux hérétiques.
Ce lieu nous permet de faire un point sur les guerres de religion qui agitèrent le pays. Ces guerres de religion commencent sous Henri 8 en 1539 avec la séparation de l'église d'Angleterre dont le souverain devient le chef. C'est l'Église Anglicane. A la même période, les idées des protestants Luther et Calvin se propagent très fortement encouragées par un flot d'émigrés français et flamands fuyant les persécutions dues aux guerres de religions. Ces différents courants vont créer des heurts et engendrer une grande violence. En 1547, Marie Tudor, dite Marie la Sanglante, restaure le catholicisme romain. De grandes persécutions suivent contre les protestants dont beaucoup furent emprisonnés et exécutés. Et ils étaient emmenés ici avant d’être exécutés ou brûlés à Smithfield. Après le 16e siècle, ce lieu servit de prisons pour dettes. La prison était encore en activité à la fin du 18e au moment des émeutes appelées Gordon riots : En 1780, une vague d’émeutes anticatholiques touche tout le pays. Elle est particulièrement violente à Londres où de nombreuses prisons où étaient gardés les hérétiques, catholiques cette fois-ci, sont incendiées. Ce fut le sort réservé aux Clinks. La prison (et ses occupants bien sûr), disparut dans les flammes et ne fut jamais reconstruite. Il n’en reste que les parties souterraines qui sont maintenant utilisées comme musée. Personne ne regretta ce lieu sordide.


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