Les énormes lions ailés

Les chefs-d'oeuvre du british museum

Les énormes lions ailés

Poursuivons notre visite. Laissons la porte d'entrée derrière nous et continuons tout droit en traversant les salles 8 et 23. Arrêtons-nous devant les grands lions ailés qui se dressent sur notre gauche.Ces 2 sculptures appartenaient au portail de la salle du trône du palais de Sargon 2 à khorsabad, une ville qui se trouve dans l’Irak actuel à une quinzaine de kilomètres au nord de Mossoul, l'ancienne Ninive. Au 8e siècle avant Jésus-Christ, c'était la capitale de l'empire assyrien. Dès qu’il prend le pouvoir, le roi Sargon décide la construction d’une nouvelle capitale et de son palais. Ainsi donc, les énormes lions ailés que vous avez devant vous étaient les gardiens de la salle du trône à l'intérieur du palais. Il en existait 4 installés autour de la porte, deux têtes tournées sur le coté, les autres comme vous les voyez là, regardant face à eux. Ils ont des visages humains dont seul le haut émerge au-dessus d'une grande barbe bouclée. Regardez cette barbe : elle est formée par des lignes bien ordonnées et régulières de bouclettes, schématisation caractéristique de l'art assyrien. Ils portent sur la tête la tiare royale.
Les corps puissants s'apparentent au corps du lion dont ils ont la queue. Regardons les 2 pattes de devant, elles sont sur le même plan. Maintenant, regardons les pattes de profil. Ne vous donnent-elles pas l’impression que ces animaux fantastiques sont en train de marcher ? En effet, stratagème permettant d'établir une vision en profondeur, les assyriens n'ont pas hésité à rajouter une patte supplémentaire. Ils ne connaissaient pas encore l’usage de la perspective mais l’imagination ne leur faisait pas défaut. Les animaux sont suivis de personnages représentant des génies protecteurs. Symboles de la puissance divine et royale, ils assuraient, par la force tranquille qui émanait d'eux, la pérennité du pouvoir et la protection du palais qu’ils gardaient tout comme les grands taureaux ailés du Louvre.
En regardant attentivement la pierre qui forme le fond sur lequel il se détach vous distinguerez, malgré l'usure, des signes étranges sur toute la surface. Ce sont des restes d’écriture cunéiforme. Cette écriture des Assyriens doit son nom à la forme en Clou des signes et c’est la plus ancienne écriture connue au monde. On a pu dater les 1res tablettes retrouvées du 4e ou 5e millénaire avant Jésus Christ donc bien avant l'apparition des hiéroglyphes égyptiens. Le processus de traduction a été à peu près le même que pour la pierre de Rosette avec la découverte au 19e siècle d’un document rédigé en plusieurs langues dont au moins l’une était connue. Le palais de Khorsabad fut abandonné par le successeur de Sargon qui réintégra la capitale, Ninive. Le palais tomba dans l'oubli jusqu'en 1842 où Paul Emile Botta, diplomate français en poste à Bagdad, entendit parler du site et entreprit des fouilles.


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