Les sarcophages anthropomorphes

Les chefs-d'oeuvre du british museum

Les sarcophages anthropomorphes

Nous allons maintenant nous diriger vers les vitrines qui courent le long des murs sur la gauche en entrant. Ce sont justement les grands sarcophages qui reproduisent l’homme. On dit que ce sont des sarcophages anthropomorphes.

Ce que nous voyons ici ce sont les sarcophages extérieurs des momies ce qui explique leur grande taille. Ils sont très richement décorés. Ces grands cercueils sont peints d’un visage toujours jeune, aux yeux grands ouverts à l’attitude apaisée, bras croisés sur la poitrine. Le mort devait partir heureux pour son voyage dans l'au-delà. Le sexe du mort était visible sur la décoration extérieure. Les femmes, généralement parées de bijoux, avaient la peau plus claire que les hommes. Leur sarcophage était également plus petit. Observez la délicatesse de la peinture, l'élégance des motifs et particulièrement de ceux qui ornent la poitrine des sarcophages féminins. Les nombreux colliers, l'ornement des oreilles, le maquillage des yeux, tout ceci nous donne une idée de la recherche et du raffinement de l'esthétique des Égyptiens.
Le troisième sarcophage en partant de la gauche est celui de Katebet. Katebet était une femme et elle est certainement morte accidentellement. Le sarcophage était donc au départ prévu pour un homme, mais les décorations extérieures ont été adaptées à son occupante. S’il est plus petit, c’est parce qu’il s’agit du sarcophage intérieur qui recevait directement la momie.
Avec l'apparition du sarcophage anthropomorphe, le rituel de l'inhumation se complique. On ne place plus directement la momie dans son cercueil de bois mais on la protége par un cercueil intérieur. Il y a ainsi, très souvent, plusieurs sarcophages emboîtés les uns dans les autres. Voyons en un autre exemple dans la vitrine 22, à notre droite au milieu quand nous nous dirigeons vers la salle suivante.

Le sarcophage en question est celui d'Artémidorus, égyptien de la période romaine. C'est-à-dire qu’il date des 1ers siècles de notre ère. Momification et inhumation n'ont pas disparu à la fin des empires égyptiens. La tradition s'est perpétuée malgré l'envahisseur. Ce sarcophage est celui qui contient la momie. Il n'est pas en bois, mais en carton-pâte, plus léger et il s'emboîte parfaitement dans le premier. Il est peint d'une façon très minutieuse et donne une image plus personnelle du mort, ici le portrait très réaliste d'un jeune homme autour des 20 ans. Ce réalisme dénote une influence romaine. En revanche, les influences égyptiennes sont prépondérantes. Le sarcophage est orné de bandeaux et de motifs agrémentés de feuille d'or. Ou bien encore, regardez le dieu Anubis figuré sur le corps. On le reconnait à sa figure de chacal. Il préside aux cérémonies mortuaires et guide l'âme du défunt vers les autres dieux.
Voyons maintenant la dernière vitrine de cette salle, la numéro 19, à droite avant la salle 63. Elle nous présente le sarcophage extérieur rectangulaire d'un prêtre appelé Hor. Ce sarcophage un peu exceptionnel date de la 25e dynastie, c'est-à-dire du 7e siècle avant Jésus-Christ. Il reprend la forme de la caisse de bois que nous avons vus au début de cette exposition. Néanmoins, ce modèle est relativement rare. Il sert de sarcophage mais imite aussi l’architecture du tombeau. Regardez sur les parois extérieures de la boîte : elles reproduisent des textes issus du livre des morts. Le livre des morts est un parchemin que l'on glissait dans le sarcophage et qui permettait aux défunts de passer sans encombre dans l'au-delà. Il en décrivait les différentes étapes. Maintenant, regardons le sarcophage anthropomorphe. Au niveau de la poitrine, à la place des bras, deux ailes ouvertes que l’on retrouve assez souvent sur les grands sarcophages d'homme. Elle symbolise la fécondation post mortem d'Isis par Osiris après qu'elle ait reconstitué le corps de son défunt mari dispersé en 14 morceaux sur la terre. C’est une légende fondamentale de la religion Egyptienne, nous allons vous la conter brièvement.
A propos d’Osiris : elle était la fille de Nout, la déesse mère, et est aussi la soeur d'Isis, de Seth et de Nephtis. Elle épouse son frère Isis, mais Seth, furieux de voir ce dernier succéder à son père, l’enferme dans un coffre et le jette dans le Nil. En apprenant le sort fait à son mari Isis, Osiris se met à la recherche du coffre. Elle erre à travers le pays, interrogeant tous les passants de rencontre, jusqu’à ce qu’elle apprenne qu'on l'avait vu flotter en direction de la mer. Et qu'il aurait traversé la Méditerranée jusqu'à Byblos, en Phénicie, où il se serait échoué au pied d'un tamaris, un arbre très courant en Egypte et au bord de la méditerranée. Ce tamaris était devenu tellement gros que le roi du pays s'en servit pour construire les colonnes de son palais. Osiris racheta les colonnes, les découpa et récupéra ainsi le corps d’Isis qui se trouvait à l’intérieur. Elle le fit momifier et embaumer et lui donna sépulture. Mais son frère Seth, toujours fou de jalousie, déroba le corps. Et pour éviter qu'Osiris ne le récupère une seconde fois, il le découpa en 14 morceaux et l’éparpilla sur la terre. Osiris retrouva les morceaux de son mari- frère à l’exception du phallus et du cœur, mangés par les poissons du Nil. Elle reconstitua le corps et lui redonna vie. Puis en planant, elle se plaça au-dessus du corps et se fit féconder. L'enfant qui naquit est Horus, le dieu faucon. Les ailes sur les sarcophages sont donc la symbolisation de la vie transmise par la naissance d'Horus. Une fois le cycle de la vie accompli, le mort peut partir dans l'autre monde avec la certitude d'une renaissance comme Isis est revenu par Horus.


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