La statue monumentale de l'Ile de Pâques

Les chefs-d'oeuvre du british museum

La statue monumentale de l'Ile de Pâques

Quittons cette salle en nous dirigeant vers la salle suivante, la 26. Traversons-la pour arriver salle 24. Cette grande salle abrite la dernière œuvre que nous vous commenterons : un Moaï de l'Ile de Pâques.

Dans cette salle 24, admirons le géant de pierre noire planté en son centre. Cette énorme statue est l’un des fameux Moaï, de l'île de Pâques. Rapportée en 1868 par un navire de Sa Majesté, elle pèse environ 4 tonnes et date probablement du début du 1er millénaire après Jésus Christ. Elle fut découverte avec quelques 600 autres le jour de Pâques 1722, raison qui justifie l’appellation de l'île. Imaginez l'angoisse et la surprise des marins quand ils virent l'île apparaître au loin, gardée par ces monstres de pierre. Plantées sur des plates formes de basalte, elles tournaient le dos à la mer et contemplaient de leurs yeux vides l'amas rocailleux et quasi désertique qui forme l'île.Depuis leur découverte ces statues constituent l’une des énigmes majeures de l'archéologie. On ne sait toujours pas à quoi elles servaient. Immenses, pouvant mesurer jusqu’à 20 m de haut pour certaines, quand d'autres ne mesurent que 3 mètres. Elles étaient pratiquement aussi nombreuses sur l'île que les habitants. Elles ont toutes à peu près le même aspect. Sculptées dans du basalte noir, elles se tiennent debout, imperturbables dans leur mystère.La partie la plus travaillée est la tête : voyez comme elle est un peu disproportionnée par rapport au corps. Admirez la formidable géométrisation du visage encadré par des oreilles allongées, des pommettes hautes qui forment une arête aiguë. Le nez énorme aux narines légèrement épatées surmonte une bouche aux lèvres minces, mais pincées par une moue qui les fait avancer. Les trous profonds sous une arcade sourcilière protubérante étaient occupés par des yeux -dont certains furent retrouvés aux pieds des statues- qui étaient composés de corail blanc et de tuf rouge, sorte de roche poreuse. Les statues étaient peut-être peintes en blanc et rouge mais la peinture aura disparu sous les intempéries. Le corps est un monolithe dont les bras, de chaque côté, sont minces et bien trop petits par rapport au corps.Regardons maintenant le dos de ce personnage.
Il est gravé d’une silhouette d'oiseau. Or les habitants de l’île de Pâques se nomment eux-mêmes les hommes oiseaux. Voici pourquoi : on raconte que vers l'an 500, un roi vaincu débarqua sur l’île déjà peuplée et y livra de sanglants combats. Pour y mettre fin, le créateur de l'univers demanda qu'on organise, en son honneur la grande fête de l'homme oiseau qui, chaque année devait permettre de désigner le roi de l'île. Les guerriers de chaque tribu devaient se précipiter dans la mer d'une haute falaise de basalte, nager pendant environ 2 Km pour arriver sur l'îlot où les oiseaux de la chance avaient leur nid. Le premier qui trouvait l'œuf grimpait sur un rocher et poussait le cri de l'oiseau pour prévenir le chef. Puis il repartait à la nage, emportant soigneusement son trésor dans un panier attaché sur sa tête. Il remettait alors l'œuf au chef de sa tribu qui devenait le roi de l'île pour un an. On pense aujourd’hui que les grands Moaï étaient les images de chaque nouvel homme oiseaux. Mais quand l'île fut découverte, la légende était déjà perdue.

C’est sur cette belle légende perdue que nous achevons notre visite, avec l’idée que ce fabuleux musée d’une incroyable richesse est aussi là pour la garder vivante.


<< 18 - La salle d’expositio...         

Sommaire complet du dossier :