Le maître Autel d’Ildefonse par Rubens

Les chefs-d'oeuvre du kunsthistorisches museum de vienne

Le maître Autel d’Ildefonse par Rubens

Allons découvrir un autre très grand tableau de Rubens. Il s’agit du maître autel dit d’Ildefonse. Pour ce faire, passez dans la salle suivante, qui est la salle N°13 en chiffre romain

Quand on est dans la salle 13, le retable est sur le mur en face de nous. C’est le retable d’Ildefonse. Approchons-nous. Ce gigantesque triptyque est l’un des plus importants tableaux d’autel peints par Rubens qui atteint ici le sommet de son art. Nous avons une scène religieuse tirée du nouveau Testament au centre et deux panneaux latéraux. Alors regardez ces derniers, on y voit des hommes agenouillés devant les saintes figures : vous les voyez ? Oui. Bon ! Ce sont en fait les commanditaires. C’est une habitude prise au Moyen Age. Cela dit, au Moyen Age, ils étaient représentés de petites dimensions et intégrés au pied ou sur les côtés de la scène principale. Alors qu’ici, Rubens, lui, les présente gigantesques, occupant l’intégralité des deux panneaux latéraux. Mais cette différence a une origine. Elle remonte à 1607, date à laquelle un synode religieux avait interdit de placer les portraits de personnalités vivantes sur le tableau central d’un retable. En 1630, Rubens trouve alors cette astuce pour que le commanditaire soit représenté : tout simplement, le mettre sur les panneaux latéraux.. Nous allons donc commencer par commenter ces panneaux. Maintenant, regardons le panneau de droite. On voit une femme agenouillée devant un prie-Dieu. Voyez quelle majesté se dégage de ce portrait ! Il semble s’agir d’une souveraine revêtue d’un somptueux costume de cour que Rubens a rendu avec un grand souci du détail. Regardez son grand manteau : il est tissé de fils d’or et bordé d’hermine, la fourrure des rois. Mais reconnaissons-le, notre regard est surtout attiré par l’immense col de dentelles fines sur lequel la tête semble reposer. Ce col appelé « fraise » est typique des débuts du 17e siècle et était très en vogue aux Pays-Bas. Admirez la délicatesse avec laquelle le peintre a rendu les couches de dentelles superposées : un vrai chef d’œuvre ! Mais comme si la richesse du costume seul ne suffisait pas, la souveraine – car il s’agit bien d’une souveraine – a mis ses plus beaux bijoux. Voyez sa haute coiffure : elle porte un diadème que surmonte une fleur de perle. Descendez les yeux sur sa poitrine : on y voit un lourd collier d’or et de pierres précieuses, tandis qu’une cascade de long collier de perles descend sur son buste. Il s’agit de l’infante Isabelle Clara Eugenia, gouvernante régnante des Pays-Bas et ancienne vice reine du Portugal. Elle est la contemporaine et la souveraine de Rubens. IL y a un autre moyen de la reconnaître : voyez en bas à gauche : on y reconnaît la couronne de la souveraine. Et enfin, le 3ème moyen est au dessus d’elle : vous voyez une none qui tient entre les mains un livre sur lequel est posée une fine corbeille de rose. Cette religieuse est la protectrice du monarque : il s’agit de Sainte Elisabeth de Hongrie, identifiable à la corbeille de Rose.
En fait, autour de l’infante, Rubens a crée une mise en scène royale qu’on retrouvera sur tous les portraits de souverains jusqu’à la fin du 18e siècle. Ainsi, voyez l’arrière-plan : il est occupé par de puissantes colonnes de marbre. Vous les voyez ? Oui ? Alors, pourquoi ces colonnes ici, nous direz-vous ? Et bien parce que ce marbre solide symbolise la solidité du pouvoir. Et puis, pour créer un effet théâtral, un lourd rideau de velours rouge est levé au-dessus de la scène. Naturellement. Rubens se présente encore comme un maître de la couleur. Admirez le magnifique effet du à l’utilisation abondante du rouge. La souveraine est toute recouverte d’or. Sainte Elisabeth est revêtue d’un dégradé de bleu et ces 2 couleurs ressortent magnifiquement sur un fond dominé par le rouge. Et maintenant, regardez le panneau de gauche. C’est l’époux de l’infante Isabelle. C’est l’archiduc Albrecht 7 d’Autriche qui a pris place devant le prie-dieu. Remarquez comme la mise en scène est similaire : la richesse du costume, la dominance du rouge, les colonnes et enfin le saint protecteur du prince.


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