Le Panneau central

Les chefs-d'oeuvre du kunsthistorisches museum de vienne

Le Panneau central

Maintenant, portons notre regard sur le panneau central pour en savoir un peu plus sur Saint Ildefonse, un moine bénédictin espagnol qui vécut entre 606 et 667.
Et c’est seulement 1000 ans plus tard que l’archiduc Albrecht créera une confrérie dédiée au saint.
A Bruxelles, elle recevra en cadeau la chapelle de Marie près du palais princier. Saint Ildefonse est surtout connu pour avoir professé partout le culte de l’immaculée conception. Et la scène décrite ici par Rubens est bien sûr en lien avec la Vierge. Elle nous raconte le plus célèbre miracle de la vie du saint. Alors, regardons cela : Tout d’abord, nous voyons le saint, vêtu de sa bure de moine, agenouillé devant la vierge qui elle est en rouge et est assise sur un magnifique trône doré. Et on voit que le saint embrasse une riche étoffe brodée que tient la vierge sur ses genoux. Voici pourquoi: la légende rapporte qu’un matin précédant la fête de l’assomption de la vierge, Ildefonse entra dans la cathédrale de Tolède, il fut surpris par une lumière divine qui inondait le sanctuaire. Loin d’en être effrayé, il avança vers son trône d’archevêque et découvrit Marie assise en compagnie de plusieurs saintes. Elle tendit alors à Ildefonse un manteau de messe qu’elle avait elle-même brodé. Et c’est à cette scène que le peintre nous convie. Voici pour le thème du tableau. Attachons-nous au style maintenant. Rubens, sur cette toile, s’est aussi attaché à rendre la lumière qui envahit l’église. Alors, regardez au dessus du trône. Et admirez au passage ces trois angelots potelés qui forment une ronde tout en tenant des roses, la fleur de la vierge. Ne sont-ils pas adorables avec leur teint rosé et leurs petits plis de graisse ? Mais ce que nous souhaitons montrer est derrière eux : c’est le ciel entièrement illuminé et les grands rayons jaunes qui descendent vers le trône. Vous voyez que la voûte de l’église a totalement disparu : cela montre que les rayons divins sont très lumineux et aveuglant. Ce retable est peint 13 ans après « le miracle de François Xavier », la toile que nous venons de quitter. Sentez-vous l’évolution qui est celle de Rubens ? Dans le miracle de François Xavier, nous avions une grande diversité de couleurs, mais les figures étaient encore dessinées. Ici, nous avons une explosion de couleurs. Les figures ne vivent que grâce à la touche épaisse du pinceau et aux jeux des teintes qui s’entrecroisent. Regardez par exemple la sainte vêtue de blanc qui se tient de profil à la gauche du trône. Quelle splendeur dans le traitement des textiles ! Rubens atteint ici une maîtrise et une liberté dans la vibration des tonalités encore inconnues jusqu’alors. Il alterne avec délicatesse touches compactes et touches transparentes pour rendre à la perfection les reflets de la lumière sur les voilages. Le sommet du tableau et la ronde des angelots semble plongé dans une sorte de brouillard qui nous donne presque l’impression de sentir les nuages et la chaleur des rayons.


<< 19 - Le maître Autel d’Il...         21 - L’autoportrait de Re... >>

Sommaire complet du dossier :