L’Arrestation de Samson par Van Dyck

Les chefs-d'oeuvre du kunsthistorisches museum de vienne

L’Arrestation de Samson par Van Dyck

Nous allons maintenant gagner la salle 12 en chiffres romains pour découvrir une belle œuvre de Van Dyck. Repassons par la salle 13 où nous avions vu le grand retable d’Ildefonse de Rubens. Et donc tout d’abord, repassons par les salles 21, puis 20 puis 13.

Vous êtes à nouveau dans la salle 13. Prenez la porte à gauche qui vous mènera salle 12.

Quand vous avez la porte dans le dos, traversez la salle sur votre droite et arrêtez vous avant la porte située en face de vous.

Dirigez vous vers le troisième tableau situé à gauche de la porte. Il s’agit de l’Arrestation de Samson par Van Dyck.

Antoine van Dyck est avec Rubens le principal représentant de la peinture baroque flamande. Né à Anvers en 1599, il y deviendra un portraitiste très recherché. En 1540, il s’installe à Londres et devient le peintre attitré du roi Charles 1er. Sa carrière est assez similaire à celle de Rubens, mêmes mécènes, mêmes voyages, mais sa peinture est considérée comme plus sensible. Rubens est le maître absolu des grandes compositions caractérisées par un feu d’artifice de couleurs. Alors que Van Dyck, lui, s’intéresse à la personnalité intérieure de ses figures, à leur intensité psychologique. Et maintenant, découvrons ce tableau à la forte charge dramatique. Nous y voyons une femme voluptueusement allongée sur un lit. Sa poitrine est dénudée et son corps est couvert d’une luxueuse soierie rouge. Elle tend un bras désespéré en regardant avec des yeux pleins de tristesse un vaillant athlète. Ce dernier la contemple avec désespoir, genoux à terre alors que des soldats s’en saisissent et l’attachent avec violence. Observez la brutalité de ces hommes d’armes. Voyez celui qui est à l’extrême droite : il regarde la scène les yeux grands ouverts et le front plissé en tenant une massue pointue. Ces soldats déchaînés sont des philistins, les ennemis d’Israël dans la Bible. L’homme capturé est le héros hébreux Samson qui tirait sa force de sa chevelure laquelle gît en mèches éparses sur le sol. La beauté sur le lit, Dalila, a coupé les cheveux du héros pendant son sommeil pour le livrer aux Philistins. Les instruments de sa traîtrise traînent sur le sol près du lit. Et oui !! La belle dont Samson était éperdument tombé amoureux n’était en fait qu’une courtisane achetée par les Philistins pour le trahir. Comme chez Rubens, nous avons ici un superbe déploiement de l’action avec beaucoup de gestes théâtraux et pas de détail inutile. Regardez combien Van Dyck est un maître de la couleur avec cette extraordinaire Dalila et surtout le drap qui la recouvre. Voyez l’étoffe : voyez comme elle vibre sous l’effet de la lumière métallique. Nous avons déjà vu ce rouge précédemment…. Van Dyck l’a en fait repris du Titien et de Véronèse. L’ensemble de la composition semble plongée dans un brouillard doré qui évoque une heure précoce de la matinée, mais des rayons frappent violemment certaines parties du tableau mettant ainsi en relief la richesse des couleurs. Le visage blanc de Dalila, la musculature des épaules de Samson, les capes des philistins font apparaître de grandes surfaces bleues, jaunes, rouges.. Au delà de la superbe utilisation de la lumière, nous sommes surtout émus par l’intensité des expressions. Van Dyck n’a pas son pareil pour décrire les sentiments. Regardez le regard de Samson et voyez comme il est chargé de désespoir. Son front est ridé par la stupeur. La bouche est ouverte de surprise, et ses mouvements sont désormais démunis de force. Son poing levé et fermé ne donne pas le sentiment qu’il lutte mais qu’il glisse en regardant sa belle. Regardons-la : elle nous semble traversée de sentiments contradictoires. Elle vient de le trahir et pourtant elle tend une main pour le caresser. Son visage traduit une lascivité de fille facile et la tristesse éprouvée devant l’arrestation de son amant. Dans ces ambiguïtés s’expriment tout le talent psychologique de Van Dyck.


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