La chasse dans la neige par Bruegel l’ancien

Les chefs-d'oeuvre du kunsthistorisches museum de vienne

La chasse dans la neige par Bruegel l’ancien

Pour finir cette promenade, nous vous proposons maintenant de découvrir l’un des tableaux les plus célèbres du musée : la Chasse dans la neige de Pieter Bruegel l’ancien. Il se trouve dans la salle n°10. Pour cela prenons la porte à droite du tableau de Van Dyck et pénétrons salle suivante. N11 en chiffre romain

Quand vous avez la porte dans le dos, tournez sur votre droite et gagnez la prochaine porte. Nous nous retrouvons dans la salle suivante qui est la n°10.

Une fois entrés, tournez vous vers le long mur sur votre droite, le premier tableau accroché là est la Chasse dans la neige de Bruegel. Nous ne disposons que de très peu d’informations sur Bruegel. Son nom apparaît pour la première fois en 1550. Après ses années d’apprentissage, il effectue le traditionnel voyage en Italie que tout bon peintre se devait d’effectuer. A son retour à Anvers, il réalise un grand nombre de gravures sur son séjour italien. Elles vont le rendre célèbre. Son œuvre couvre une quarantaine de tableaux et une soixantaine de dessins. Le Kunsthistorisches Museum renferme la plus importante collection de cet artiste, et elle est réunie dans la salle où nous nous trouvons. L’influence de Bruegel dans les Flandres fut immense dans le domaine de la peinture de paysage. Le paysage d’hiver que nous regardons appartient à un ensemble de 6 compositions sur les Saisons. Pourquoi 6 quand il n’y a que 4 Saisons, car Bruegel a rajouté le pré-printemps et le pré-été. Le vrai titre de cet ensemble est d’ailleurs « les temps de l’année » et non « les saisons ». Le musée possède trois tableaux de cette série accrochés côte à côte sur ce mur. Nous avons devant nous l’hiver. A sa gauche, c’est « le retour du troupeau pour l’automne » et enfin le pré-printemps, titré « journée sombre ». L’hiver que nous contemplons est certainement le plus célèbre paysage enneigé de la peinture européenne. Comme tous les tableaux du cycle des saisons, il possède une tonalité chromatique dominante. Ici, c’est le blanc de la neige et une sorte de vert bleuté qui sert à en intensifier l’effet de blancheur. Ce sont naturellement les couleurs de l’hiver. Elles sont synonymes de froid et de glace. Le vert bleuté ne fait que relever la blancheur générale.
Maintenant, regardez au premier plan, à gauche : on voit un groupe de 3 chasseurs revenant au village, accompagnés de leurs chiens. Tous sont fatigués. Les chiens, tête lasses reniflant le sol, marchent le dos courbé par la fatigue. Les chasseurs, quant à eux, ont aussi le dos courbé. Ils ont hâte de rentrer bien que la chasse n’ai pas été très fructueuse. Regardez : leurs gibecières semblent vides. Et voyez la perche : on y trouve un seul lapin. Et maintenant, regardez à l’extrême gauche du tableau : vous voyez ? Bruegel a ajouté une auberge typique des Flandres et de Bruegel d’ailleurs. Devant, un homme et une femme s’activent à alimenter un feu. Ils se préparent à fumer le cochon, activité typique du mois de décembre. Et c’est cette image qui permet de placer le tableau à ce moment précis de l’année. L’auberge et les chasseurs sont sur une colline qui domine le village en contrebas. Voici la richesse de l’œuvre de Bruegel : savoir représenter toutes les événements les plus quotidiens de la vie d’un village. Il est un maître de la scène de genre, mais pas de la vie bourgeoise comme Vermeer. Non ! Bruegel s’intéresse à ce que nous pourrions nommer les petites gens. Pour accentuer l’impression de hauteur et de lointain, Bruegel a peint des arbres entre lesquels passent les chasseurs. Ce qui donne un très bel effet de profondeur. Regardons en bas de la pente maintenant : on voit de charmantes maisons, quelques clochers d’églises et surtout un cour d’eau gelé transformé en patinoire bleu pâle. Malgré le froid, la vie est partout présente. Sur la patinoire de petits personnages s’amusent à glisser. Bruegel a réussi à les montrer de façon très réaliste et, sans trop de mal, nous pouvons distinguer leurs activités. Prenez le temps de regarder ces patineurs !!!. Nous voyons une bande de neige au milieu du tableau qui sépare horizontalement 2 étendues de glace. Voyez sur la première étendue juste devant la bande de neige, un groupe de 3 figures qui lancent des poids sur la glace : c’est l’ancêtre du bowling. Sur la seconde surface, un couple se tient par la main, et un autre personnage gît au sol, clin d’œil facétieux caractéristique de l’art de Bruegel qui adorait les scènes de patineurs.
Pourtant ce tableau est très différent. Pourquoi à votre avis ? Et bien parce que d’habitude, ce sont les activités humaines qui concentrent l’intérêt alors que le paysage, quant-à-lui, sert de toile de fond. Ici nous observons l’inverse. Le paysage est le sujet même et les humains ne servent qu’à en animer l’espace. Regardez dans le lointain cette extraordinaire vue d’une région montagneuse enneigée presque entièrement bi-chrome. On y voit une superbe alternance de couches blanches et verts-bleuté. La touche de Bruegel est très plate et sans relief comme nous pouvons le constater en contemplant l’étendue de neige au premier plant sur laquelle marchent les chasseurs.. Il a posé sa couleur par grands aplats lisses pour créer une atmosphère de calme, de ralenti, ouatée qui correspond parfaitement aux mois d’hiver. N’avez-vous pas le sentiment de ressentir le froid en contemplant ce chef-d'œuvre ?


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