Le retour du troupeau

Les chefs-d'oeuvre du kunsthistorisches museum de vienne

Le retour du troupeau

Déplacez-vous maintenant devant l’autre Bruegel, accroché à gauche. Il s’agit du Retour du troupeau.

Ici, une toute autre atmosphère même si la construction est identique. Il s’agit sans doute du même village que précédemment, mais vu d’un autre angle. Nous pouvons imaginer que le fleuve correspond aux étendues glacées sur lesquelles les villageois patinaient en hiver.
Encore une fois, Brueghel a souhaité montrer les simples activités quotidiennes et saisonnières des villageois. Dans le cas présent, les hommes ramènent les troupeaux dans les étables avant que le froid ne s’impose. Nous voyons ainsi au premier plan une colline sur laquelle passe le troupeau de bovins et les paysans. En contrebas, notre regard enveloppe les toits du village et le fleuve. Enfin, au fond, les montagnes qui ont perdu leur couche neigeuse. Vous avez déjà remarqué sans doute que la structure de la composition est identique à la précédente. Nous, les observateurs de la scène, nous nous trouvons en hauteur et dominons du regard les événements situés plus bas.
La couleur dominante est cette fois l’ocre qui se reflète sur tout le premier plan depuis la colline jusqu’à la robe des vaches. L’arrière-plan est en camaïeux de bleu. La touche du pinceau est plus violente que dans le tableau précédent. Regardez l’arrière-plan qui est à droite : vous voyez que les grands aplats de l’hiver calme sont remplacés par un bouillonnement de traits qui s’entrecroisent. Et oui, car nous sommes à la fin de l’automne : la pluie et le froid vont couvrir la région avant que la neige n’arrive. C’est de ce mouvement, de cette tension dans le climat querendent compte les touches de peinture. Bruegel a posé ses couleurs par petites touches avec un pinceau presque sec. Cette technique est visible en particulier sur la robe des vaches. De manière générale, nous vous conseillons devant une toile –quelle qu’elle soit- de prendre le temps de regarder les touches de peinture, de voir si elles sont petites ou grandes, nerveuses et irrégulières ou bien régulières, etc.
Regardez le fleuve. Il dessine une ligne diagonale qui conduit notre regard vers l’horizon afin d’accentuer l’effet de profondeur. Il s’agit d’une particularité des paysages flamands du 17e siècle. Au premier coup d’œil, nous sommes fascinés par le naturalisme de la représentation. Mais après un moment, nous remarquons que le peintre a entièrement calculé sa composition comme un décor de théâtre. Ce qui nous fascine également chez Bruegel l’ancien, c’est la multiplicité des détails. Vous pourriez contempler cette œuvre pendant des heures, vous y découvririez toujours un nouvel élément. Par exemple, regardez l’arbre de gauche et voyez cet oiseau perché seul à son sommet. Pour boucler la série, vous pouvez allez admirer la dernière composition du cycle accroché à gauche et surnommé la journée plus sombre.


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