Le tableau de l’Annonciation du Maître de Flémalle

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

Le tableau de l’Annonciation du Maître de Flémalle

Prenons d’abord le temps d’observer encore un tableau, pour bien s’imprégner de cet art si particulier. Pour cela, en regardant le même mur, observons, deux tableaux plus loin à gauche, celui qui représente une annonciation. La Vierge, à droite, fait face à l’ange Gabriel qui surgit dans la pièce. Ce tableau est attribué au Maître de Flémalle.

Voici encore un bel exemple d’œuvre flamande du 15e siècle, C’est l’Annonciation du Maître de Flémalle. Drôle de nom, nous direz-vous. Alors pourquoi ce nom ?
Et bien, beaucoup de maîtres flamands de l’époque sont restés anonymes. Parfois, on peut regrouper différentes œuvres, qui se rapprochent au point de vue du style, et qui toutes paraissent être de la même main. On nomme ensuite le peintre anonyme, en se basant sur une des œuvres les plus importantes de la série. Par exemple, ici, le même artiste a réalisé un tableau qui, croyait-on, provenait de l’abbaye de Flémalle, près de Liège, dans le sud de la Belgique. Du coup, les historiens de l’art, au 19e siècle, ont donc nommé cet artiste inconnu, tout simplement, « maître de Flémalle ». Mais on sait aujourd’hui qu’il n’y a jamais eu d’abbaye à Flémalle. Le nom est donc erroné, mais comme il a été consacré par le temps, il reste.

Mais revenons au tableau : la scène de l’Annonciation où l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle porte le Christ, fils de Dieu, se passe ici dans un intérieur très intime. La perspective est très serrée, ce qu’aiment faire les artistes flamands du temps. On le voit : la Vierge était occupée à lire lorsque l’ange a fait irruption. Ce qu’elle lisait avant l’irruption de l’ange, ce livre qu’elle tient encore sur ses genoux, est interprété comme étant le livre de la connaissance ; et c’est le signe symbolique montrant qu’elle sait déjà tout ce qui va arriver par la suite. De même, le lys blanc que nous voyons dans un vase sur la table est signe de la pureté virginale de Marie.

Ici, ce qui frappe, c’est l’atmosphère du lieu, une atmosphère intimiste.
C’est que contribuent à rendre la représentation des détails et des matières. Regardons la brosse pendue , à gauche de la cheminée, regardons le détail du banc, et aussi celui du velours qui le recouvre. Ou bien encore les pavements qui sont rendus minutieusement, et même la petite gravure affichée au dessus de la cheminée. Elle représente saint Christophe, ce personnage légendaire qui aurait aidé le Christ-enfant à traverser la rivière, en le portant sur ses épaules. Portant le Christ, il est perçu aussi, dans ce contexte, comme un symbole de la Vierge, qui va porter l’enfant Jésus.


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