Le triptyque de la confrérie de sainte Anne de Louvain par Quentin Metsys

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

Le triptyque de la confrérie de sainte Anne de Louvain par Quentin Metsys

Revenons maintenant dans les Flandres. Pour cela, nous tournons le dos à la Vénus de Cranach, et repassons dans la salle des Bosch. Là, nous prendrons la porte qui se trouvera dans le mur de gauche.

Nous nous trouverons alors dans une nouvelle salle. Mais nous n’y resterons pas, et prendrons encore la porte de gauche. Elle nous mènera à une salle en cul-de-sac, qui contient un grand triptyque : le triptyque de la confrérie de sainte Anne de Louvain, par Quentin Metsys.

Et nous voilà devant ce grand tableau, considéré comme un des chefs-d'œuvre du musée. Il représente toute la famille de la Vierge. Au centre, la Vierge, en blanc, est assise à côté de sainte Anne, sa mère, en rose. Entre les deux, l’enfant Jésus. Les personnages qui les entourent sont les sœurs, beaux-frères et neveux de la Vierge. La tradition populaire voulait qu’Anne, la mère de la Vierge, ait eu la Vierge assez tard, avec son premier mari, Joachim. Veuve, elle se serait remariée, puis veuve une deuxième fois, elle aurait pris un troisième mari. A chaque fois, elle aurait eu une fille. Ces deux sœurs de la Vierge sont les deux femmes à droite et à gauche, avec leurs enfants. Les quatre hommes derrières sont les époux respectifs des quatre femmes. Derrière la Vierge, Joseph est représenté en rouge. Derrière Anne se trouve Joachim, en bleu. Ainsi, l’artiste représente ici les époux et les sœurs sans se soucier de la réalité chronologique, puisque les deux sœurs n’ont pu naître qu’après la mort de Joachim. Mais ce qui compte pour lui, c’est de représenter la famille proche de la Vierge. Peu importe qui a vécu quand.

Regardons le panneau de gauche : nous y voyons encore Joachim. Il reçoit de l’ange l’annonce que son épouse aurait encore un enfant, Marie. Le volet de droite quant à lui représente la mort de Anne, entourée de ses filles éplorées, et bénie par son petit fils Jésus. Voilà pour le thème du tableau.

Voilà pour le thème. Parlons un peu du peintre maintenant et surtout de son style:
Quentin Metsys était originaire de Louvain, mais a fait toute sa carrière à Anvers. Il a travaillé essentiellement au début du 16e siècle, jusqu’à sa mort en 1530. Son style réaliste et sa technique de peinture à l’huile sont dans la prolongation directe des primitifs flamands.

Alors est-ce que nous trouvons les 3 caractéristiques décrites en première partie de notre visite ? A savoir :
Soucis de réalisme ?: oui
Utilisation de la peinture à l’huile en glacis ? Oui là aussi
Travail sur les perspectives d’atmosphère : là encore : oui. Regardez le paysage du fond : il présente une perspective d’atmosphère bleutée extraordinaire. On sent presque l’air frais de ces montagnes.

Mais à côté de ça, on voit déjà que Metsys est aussi très influencé par l’art italien. Regardons encore le fond du tableau et plus particulièrement l’architecture : elle est très inspirée par l’architecture antique. On ne voyait pas –mais alors pas du tout- ce genre de chose dans la peinture flamande du 15e siècle. Les vêtements aussi, les robes avec leur grand décolleté, les chapeaux en boudin, sont plutôt italiens. Tout cela est le signe d’une peinture plus tardive.

Le tableau a été réalisé pour une confrérie pieuse, la confrérie de Sainte-Anne, qui avait sa chapelle privée dans l’église Saint-Pierre de Louvain. Achevé en 1509, c’est une des œuvres principales de l’artiste.


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