La fillette à l’oiseau mort

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

La fillette à l’oiseau mort

Il est temps maintenant de nous rapprocher un peu du grand Breugel l’Ancien. Pour nous y rendre, nous allons suivre un parcours relativement long, car cette section du 16e siècle est très grande. Nous vous signalerons en passant l’un ou l’autre tableau intéressant. Bien sûr, bien des œuvres sont intéressantes, mais il nous faut faire un choix.

Nous allons maintenant tourner le dos au retable de la confrérie de Sainte-Anne, passer la porte par laquelle nous sommes arrivés dans cette salle. Dans la salle suivante, nous irons tout droit, et nous traverserons ainsi deux salles entières. Dans la dernière de ces salles, lorsqu’il ne sera pas possible de continuer tout droit, nous nous arrêterons. Il y a là un petit tableau particulièrement charmant, que nous voudrions signaler.

Nous voilà arrivés dans la salle du fond. Tournons-nous vers la gauche. Là, sur la droite de la porte, nous voyons alors quelques petits tableaux. L’un d’entre eux représente, sur un fond vert sombre, une petite fille vêtue de blanc, tenant dans les mains un oiseau mort. Il date du premier quart du 16e siècle.

Que voyons-nous ? Sur un fond sombre, la petite fille se détache en clair, illuminée par une source de lumière qui vient de la gauche. Ses grands yeux méditatifs regardent aussi dans cette direction. Ceci a peut-être une fonction symbolique, mais si c’est le cas, elle nous échappe. Plus vraisemblablement, cette orientation des yeux vers la lumière a essentiellement un but esthétique : elle permet de bien mettre les yeux en valeur, et d’accentuer l’intensité du regard. En main, elle tient un petit oiseau mort. Médite-t-elle sur l’étrangeté de cette découverte ? En tout cas, l’artiste, anonyme, a porté une grande attention au visage. Regardez bien chaque partie du visage de la fillette : les joues, le coin des yeux, de la bouche, les ailes du nez. On le voit, l’artiste a joué de manière magistrale avec les ombres afin de donner à cette petite figure un maximum de vie et d’intensité psychologique. Avec un siècle d’écart, nous sommes encore ici dans la grande tradition du portrait, inaugurée par les primitifs, comme Van der Wèèïden. Aussi petite et anonyme soit-elle, cette oeuvre est pour nous un petit bijou de ce musée. Outre sa qualité esthétique, le mystère quant aux sentiments de la fillette lui donne beaucoup d’attrait.


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