Les grands tableaux de Breugel

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

Les grands tableaux de Breugel

Et maintenant, nous allons continuer notre chemin. Sortons de la salle. Nous marcherons alors tout droit en traversant deux salles successivement. Nous nous arrêterons dans la troisième et dernière salle, là où l’atmosphère est plus sombre. Dans cette salle se trouvent les grands tableaux de Breugel.

Vous y êtes. Ici, la mi-obscurité protège ces œuvres exceptionnelles, mais crée aussi une ambiance, un génie du lieu, qui nous rappelle que nous sommes ici à un des points culminants de la collection.

Nous allons commencer par nous repérer dans cette grande salle. D’où nous venons, il y a une série de grands tableaux à notre droite, et deux grands tableaux à notre gauche. Au fond de la salle, sur un petit côté, se trouve un tableau isolé. C’est le Dénombrement de Bethléem. Les deux tableaux à notre gauche sont « La chute des anges rebelles » et les fameux « Paysage avec la chute d’Icare ». Les tableaux qui se trouvent à notre droite ne sont pas des œuvres de Breugel l’Ancien, mais des copies réalisées par ses Fils, en particulier par Piiter Breugel le jeune. Mais en ce qui nous concerne, nous allons nous pencher surtout sur les trois œuvres de Piiter Breugel l’Ancien conservées dans cette salle. Alors, nous irons d’abord voir le fameux « Dénombrement de Bethléem », le grand tableau isolé sur le petit côté face à nous.

La scène se passe dans un village brabançon du 16e siècle. Regardons en bas à gauche: une foule se presse à l’entrée d’une auberge. Et à la fenêtre de l’auberge, un fonctionnaire en manteau noir note le nom de ces personnes et prélève une taxe. Toujours dans le bas du tableau, mais au centre, nous voyons une femme vêtue de bleu et qui est montée sur un âne, tiré par un personnage en brun, devant. C’est la Vierge et saint Joseph, qui se rendent eux aussi au recensement de la population juive, tel qu’il est raconté au début de l’évangile de saint Luc. Car même si elle évoque un village du 16e siècle, cette image représente effectivement une des premières scènes de l’évangile de saint Luc, qui raconte que l’empereur romain souhaitait recenser tous les habitants de son empire, et que donc chacun devait retourner à son village d’origine pour s’y faire inscrire. Joseph vivait à Nazareth, mais était originaire de Bethléem. Il prit donc avec lui la Vierge, qui était enceinte, et ils partirent remplir cette formalité administrative. C’est au cours de ce séjour que naîtra le Christ, dans une étable de Bethléem. Mais ici, c’est avant la naissance. La Vierge est enceinte, bien protégée par son grand manteau.

Regardons tout autour de cette scène centrale : de nombreux personnages s’activent, et on pourrait passer beaucoup de temps à observer les nombreux détails. Dans le bas à droite, par exemple, des enfants s’amusent à glisser sur la glace, assis sur des luges qui ne sont autre chose que des mâchoires de bovidés. Toujours en bas du tableau, mais à gauche, on égorge le cochon, pendant que deux hommes sont en train de rempailler des tabourets. Ce sont là deux activités de l’hiver. Au milieu du tableau, des enfants s’amusent aux glissades ou font une bataille de boules de neige. Un peu plus haut, des hommes boivent à l’entrée d’une taverne contenue dans un tronc d’arbre mort. Contre le mur de la maison du centre, des gens se chauffent au feu, pendant qu’à gauche, un homme est en train d’uriner contre le mur. En haut à gauche, un beau soleil rouge se détache derrière les branches de l’arbre, et des porteurs traversent à pied la rivière gelée, venant du petit village rose sur l’autre rive. Mais à vous de vous amuser en observant tout à loisir. Nous ne pouvons tout décrire ici. Par contre, il y a quelques éléments importants au point de vue symbolique, que nous allons maintenant signaler.


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