Les grandes œuvres du 17e siècle

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

Les grandes œuvres du 17e siècle

Revenons maintenant sur nos pas en retraversant l’ensemble de la collection Delporte, pour retrouver le hall pavé de pierres. Là, nous monterons l’escalier que nous avons signalé plus tôt, pour atteindre la galerie du 17e siècle. Nous vous attendons en haut de cet escalier.

Nous y voilà. Venant de l’escalier, nous prenons la porte vitrée à notre droite, puis celle à notre gauche. Nous serons alors dans une galerie, qui constitue l’étage du grand forum d’entrée, où nous avons commencé notre visite.

Vous y êtes ? Très bien. Toutes les œuvres que nous allons voir maintenant sont du 17e siècle, de l’époque baroque. A nouveau, nombreux sont les tableaux à admirer. La grande richesse de ce musée réside toujours dans les œuvres d’artistes « belges », mais le musée possède aussi de belles œuvres hollandaises. En fait, c’est la plus riche collection d’art hollandais en dehors des musées des Pays-Bas. Comme le temps avance, nous nous concentrerons surtout sur quelques points importants : Pierre-Paul Rubèns pour la Flandre, Rèmbrandt et Frans Hals pour les Pays-Bas. Mais commençons par Rubèns. Pour cela, tournant le dos à la porte d’entrée, nous passons dans la salle de gauche, que nous traversons pour en ressortir de l’autre côté. Nous serons alors dans une très longue salle consacrée aux petits tableaux de Rubens. Nous nous arrêterons à l’entrée.

Vous y êtes. Bien. Alors, regardons le mur à notre gauche. Nous voudrions d’abord vous signaler une esquisse de Rubèns, intitulée « têtes de nègre ». C’est le troisième tableau en partant de la gauche. Nous y voyons quatre portraits, ou plutôt quatre fois le portrait d’un même personnage, d’origine africaine. Vous le voyez ? Approchons-nous.
On ne sait pas qui est ce monsieur, mais il semble bien que ce visage d’Africain soit aussi présent dans des tableaux de contemporains de Rubèns, comme Antoine Vanne Dèïk, ou Jacob Jordaans. Anvers, grand port sur l’Escaut, grand port sur l’Escaut, recevait des navires venus du monde entier. Il pouvait arriver que des commerçants venus des côtes africaines ramènent à leur bord un passager de ces lointains pays. Cela donnait aux peintres la possibilité d’avoir des modèles d’Africains, pour faire le roi mage noir des nativités notamment. Et lorsque notre visiteur est arrivé, il s’est sans doute vu sollicité par plusieurs artistes de la ville.

Observons bien la manière de peindre, et cette simple observation nous fera déjà bien comprendre la différence qui existe dans la manière de faire entre un artiste baroque du 17e siècle et un artiste du 16e siècle, comme Breugel. Dans la tradition du portrait, Rubèns cherche ici à rendre diverses expressions. Il utilise pour cela fort peu de couleurs : des blancs, des gris, des bruns et ocres, l’une ou l’autre touche de rouge. Le coup de pinceau est rapide, car il travaille par petites taches, et à certains endroits, on peut même voir la trace des poils du pinceau.
Ce n’est pas une pose de couleur léchée et soignée, comme chez Breugel. Tout est dans la vitesse, saisir la petite chose importante et la replacer avec un ou deux coups de pinceaux sur la toile. De ce fait, les formes prennent ici un côté plus synthétique, nous dirions même schématique, qui leur donne beaucoup de force.
Retenons bien ce caractère de la peinture de Rubèns : rapidité et simplicité.


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