L’œuvre du célèbre Rembrandt

Les chefs-d'oeuvre du musée d'art ancien de bruxelles

L’œuvre du célèbre Rembrandt

Tout cela, c’est chez les catholiques. Et qu’en est-il chez les protestants, dans les Pays-Bas du Nord ? N’oublions pas que les calvinistes rejetaient toute représentation religieuse. Du coup, les scènes religieuses n’étant jamais commandées, que vont-ils faire alors, ces artistes ? Et bien, des paysages, des portraits, et des scènes de genre, ou scènes de la vie quotidienne. Allons y jeter un coup d’œil. Pour cela, prenons la porte à gauche du tableau « La montée au clavaire ». Nous serons alors dans la première salle de la section hollandaise.

Entrez dans la pièce, puis faites un demi-tour sur vous-même, afin de regarder vers la porte que nous venons de passer. A droite de cette porte se trouve un portrait d’homme vêtu et coiffé de noir, avec un grand col blanc en dentelles. C’est le portrait de Nicolas Van Bambek, riche commerçant d’Amsterdam. L’œuvre a été peinte par le célèbre Rèmbrant.

Ce tableau a été peint en 1641. A l’époque, Rembrant est au sommet de la gloire. Il vient de terminer la célèbre « Ronde de nuit ». Ici, Nicolas Van Bambék est présenté de trois quarts, dans une attitude calme et fière, mais sans ostentation. C’est un bourgeois, fier de sa réussite et de sa position, mais qu’une certaine rigueur protestante rend simple et peu ostentatoire. C’est en partie ça, l’art hollandais du 17e siècle. Pas d’ostentation, mais un art simple et bourgeois, qui montre les gens dans leur vie quotidienne, le paysage quotidien des villes et des campagnes. L’art est le témoin de la vie simple et austère des calvinistes, mais aussi de leur richesse, car la Hollande est riche en ce temps, grâce au commerce maritime notamment.
Frans Hals, Vermer de delft, Hobema, … Tous ces artistes célèbres se sont attachés à cela. C’est bien différent des gâteaux triomphants des Jésuites et de Rubens. Mais les conditions spirituelles sont aussi très différentes.

Mais revenons à notre portrait. Le peintre utilise tout de même des moyens techniques, huile sur toile et esthétiques, contrastes d’éclairage, contours flous des formes colorées qui se rapprochent de ceux que nous avons vus dans les Pays-Bas du Sud, Rubèns notamment.
Un premier exemple : l’utilisation de la lumière, en contraste très fort avec les ombres et le noir des vêtements. La lumière n’est utilisée que pour éclairer les chairs, main et visage. Visage surtout, entouré du sombre du chapeau, de la chevelure et de la veste, à moitié plongé dans l’obscurité. Voyez le col blanc : c’est lui qui sert ici de réflecteur de lumière, de relais entre la source de lumière extérieure et le tableau. Il reflète et diffuse la lumière là où elle doit mettre les choses en valeur.

Deuxièmement, la couleur est utilisée dans des formes très floues, mais avec beaucoup plus de finesse que chez Rubèns. Ici, tout est en sensibilité. Très significatif : regardons les bords de la chevelure par exemple. C’est un fin nuage de couleur. Regardez aussi la finesse, la subtilité intense dans les zones d’ombre et de lumière. On voit différentes intensités de lumière dans le visage lui-même. Tout cela concourt à donner à la figure une très grande présence psychologique. La présence du personnage est palpable, pas celle de son corps, mais surtout celle de son âme. C’est là une des grandes recherches de Rèmbrant tout au long de sa vie. L’âme de l’homme à travers le portrait.


<< 27 - Les caractéristiques...         29 - Le tableau de Frans ... >>

Sommaire complet du dossier :