La statue de Saint-Jean-Baptiste

Les chefs-d'oeuvre du musee rodin

La statue de Saint-Jean-Baptiste

Passons dans la salle suivante. Quand vous entrez dans cette salle, tournez la tête à droite. Vous voyez 2 statues en bronze de grande taille montrant chacune un homme nu qui marche. Celle de gauche est appelée « St Jean-Baptiste » et cèle de droite « l’homme qui marche ».
Cette œuvre fut créée quelques années après l’âge d’airain. En voyant, dans son atelier, un de ses modèles se camper sur ses 2 jambes, un bras en avant, Rodin se serait exclamé : « mais c’est un homme qui marche ! », ce qui lui inspire « l’homme qui marche » (à droite) puis « st Jean Baptiste » prêchant dans le désert (à gauche).

Etudions la statue de « st Jean Baptiste ». Qui est st Jean Baptiste ? C’est le fils d’Elisabeth, cousine de la Vierge, il naît avant le Christ et annonce sa venue. C’est lui qui baptisera Jésus. Il annoncera la passion du Christ durant de longues années, il annoncera la rédemption et rien ne pourra l’arrêter si ce n’est le martyr. Il mourra finalement décapité en prison.

Ses attributs sont traditionnellement, une peau de poils de chameaux ou de mouton et un bâton orné d’une croix ou d’un agneau à son extrémité. Ici pourtant, il n’a aucun attribut. Comme d’habitude, Rodin libère la sculpture des symboles qui parfois l’alourdissent. Le contexte mythologique, religieux ou historique s’efface au profit d’une pure recherche de forme et d’expression. Il mutile pour garder l’essentiel. Voyez-vous ce que Rodin veut exprimer ?
Le statisme ? non, il veut exprimer le mouvement. Il cherche à donner une expression plastique du mouvement.
Rodin veut aussi exprimer l’âme du personnage dans une expression plastique qui souligne la vigueur du prophète, son courage, sa force, que rien ne peut arrêter, sa vigueur, le caractère sacré et divin de ses paroles.
Le corps présente les caractères constants des œuvres de Rodin. Ce sont notamment :

Le naturalisme avec la présence des rides, des fossettes, des saillies et des traits accentués ;
Les déformations avec les pieds démesurés, les bras très longs en particulier le droit qui fait un geste d’orateur et les énormes mains expressives
La Contorsion qui s’exprime en une pose intenable 
C’est d’ailleurs assez drôle, car le corps de St jean nous entraine dans trois directions différentes : son regard nous fait regarder face à nous, son doigt pointé vers le bas nous fait regarder en bas et sa main droite, au contraire, nous entraine à regarder vers en haut. Bref, cela nous amène à imaginer, consciemment ou non, que le prêcheur est passionné. Cette œuvre, exposée au salon de 79, provoqua la reconnaissance unanime du talent de Rodin. Et c’est à ce moment là que l’âge d’airain fut aussi reconnu comme un chef-d'œuvre.


<< 11 - Le « baiser » de Rod...         13 - La « cathédrale » de... >>

Sommaire complet du dossier :