La Main du diable

Les chefs-d'oeuvre du musee rodin

La Main du diable

En passant, prenez le temps de contempler le jardin par la fenêtre.
Passons dans la salle suivante, située à gauche quand vous regardez vers le jardin. Cette salle renferme une collection de peinture qui appartenait à Rodin. Elle comprend de nombreux Van Gogh. Bien entendu, prenez le temps que vous voulez pour les découvrir puis retrouvons-nous dans la dernière salle.

Elle abrite des œuvres du tournant du siècle et des assemblages. Au début du 20e siècle, Rodin connaît un succès international. Ambassadeurs et souverains demandent à être reçus par lui. A cette époque, le sculpteur généralise l’usage de l’assemblage. Approchez-vous de la vitrine centrale, puis faites-en le tour pour voir son revers

Au revers de la façade, sur l’étagère de verre du milieu, une œuvre en plâtre : « La main du diable ». Il s’agit d’un modèle en plâtre pour une grande sculpture en marbre.
A cette époque, Rodin associe figures, membres et têtes : ici, l’œuvre est constituée de la reprise d’un petit personnage de la porte de l’enfer assemblée avec une main d’un des bourgeois de Calais.
Observons la manière dont les morceaux sont assemblés :
Les parties réunies sont disparates : le petit personnage a des avant-bras à la place des jambes. Rodin a fait ce choix étrange et disparate pour donner plus d’expressivité. Les différentes parties sont aussi disproportionnées
les raccords sont visibles et l’ensemble est inachevé. Le fragment devient oeuvre, au mépris des conventions. Rodin inaugure de nouvelles techniques d’expression. Une ébauche peut désormais receler plus de sens et de sentiment que ces groupes allégoriques qu’affectionnaient encore ses contemporains.

Regardez l’ensemble de la composition : ne trouvez-vous pas poignante la situation de ce petit corps mutilé, difforme, qui ressemble à un embryon recroquevillé, dans cette poigne puissante et qui pourrait l’écraser. L’ensemble fait peur : la main du diable est toute puissante et les hommes devant elle sont de petits pantins.

Faites demi-tour : entre les 2 fenêtres, voyez cette œuvre de marbre qui a été tirée du petit modèle en plâtre.

Faites à nouveau demi-tour, sur la gauche, devant la fenêtre, une autre sculpture en marbre : « la petite fée des eaux ». Cette sculpture fut imaginée par Rodin à partir d’un petit personnage de la porte de l’enfer, posé dans une coupe antique en terre cuite. Le tout fut ensuite reproduit en marbre. Tout cela illustre bien cette habitude de Rodin à réutiliser ces créations dans de nouvelles dimensions ou dans de nouveaux assemblages.


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