La galerie de Lanfranco

Les colletions de la villa borghese

La galerie de Lanfranco

Revenons maintenant sur nos pas en direction de l’escalier. Une fois, sur le palier, l’escalier à notre droite, prenons la porte de gauche. Nous pénétrons alors dans une très grande salle, dite « galerie de Lanfranco. »

Nous voilà dans la plus grande des salles de cet étage. Elle correspond, à la galerie des empereurs du rez-de-chaussée. Elle tire son nom de Giovanni Lanfranco, important artiste décorateur du 17ème siècle. Il peignit ici le plafond, représentant « Le conseil des dieux », soit l’ensemble des principales divinités du panthéon gréco-romain.
Sans pour autant nous attarder, signalons tout de même un ensemble de trois portraits au milieu du mur de gauche : un portrait d’enfant et deux autoportraits, réalisés par le Bernin, que nous découvrons ici dans son activité de peintre.

Commençons par les deux autoportraits, c’est-à-dire les deux personnages moustachus. Il s’agit du Bernin à deux âges différents. Sur la toile où il apparaît jeune, il a environ 25 ans. C’est l’âge auquel il sculpta le David, ainsi qu’Apollon et Daphné, deux œuvres que nous venons de voir. Il montre ici une intense recherche de son expression psychologique. Ses yeux sont pénétrants et intenses et concentrent véritablement toute la lumière de l’œuvre. Dans l’autoportrait voisin, peint alors qu’il avait une bonne trentaine d’années, l’artiste insiste davantage sur l’aspect mature de son visage et donne à l’ensemble un aspect d’inachèvement par les coups de pinceaux plus schématiques. Les yeux restent pourtant l’élément central. L’œil gauche est mis en valeur par l’éclat de lumière, sur la paupière supérieure et le tout petit point blanc sur la pupille. L’œil droit est plongé dans l’obscurité, mais on en devine la pupille qui nous fixe intensément. Cette quête de soi même à travers l’autoportrait est digne de Rembrandt, qui en fit de même. Ces deux œuvres nous familiarisent davantage encore avec le génie du Bernin, qui maîtrise à la perfection toutes les formes artistiques.

A côté, le petit portrait de jeune garçon témoigne de recherches similaires. Ici, l’artiste utilise un pinceau extrêmement fluide. Épaules et cheveux disparaissent presque dans le fond de l’œuvre. Seule une moitié du visage sert de réflecteur à la lumière, mettant ainsi en valeur, sans aucune complaisance, les traits du modèle. Les ombres viennent souligner la bouche charnue, à la petite moue, le nez épais, les yeux un peu étirés. Tous ces éléments contribuent à donner au sujet un caractère étonnant.


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