Les œuvres d’Antonello da Messine

Les colletions de la villa borghese

Les œuvres d’Antonello da Messine

Passons maintenant directement dans la dernière des salles, c’est la salle de Psyché. Pour cela, prenons la porte qui se trouve dans le mur de droite lorsque nous faisons face aux tableaux du Bernin. Nous débouchons dans une toute petite salle, traversons-la.

En en sortant, une porte s’ouvre à notre gauche. Prenons-la et traversons la grande salle jusqu’au bout. La salle suivante, dite « salle de psyché », nous offre alors quelques merveilles, en particulier deux tableaux du Titien. Nous vous y attendons.

La salle dite de Psyché contient essentiellement des œuvres d’artistes venus de Venise ou de la région : Antonello da Messine, Giovanni Bellini, Véronèse, Titien et d’autres.
Commençons par le portait d’homme d’Antonello da Messine, qui se trouve sur le mur, entre les deux portes par l’une desquelles nous sommes entrés dans la salle.
Ce tableau, réalisé en 1475, représente le buste d’un homme vêtu d’une veste rouge, et coiffé d’un chapeau noir. Son visage à l’air avenant se détache sur le fond tout à fait sombre. Cette œuvre témoigne de la grande influence des Primitifs flamands, comme Van Eyck par exemple, sur les artistes vénitiens de cette époque. Antonello da Messine était originaire de Sicile. La tradition veut qu’il ait voyagé en Flandres, à Bruges notamment, et ait ramené à Venise les secrets de la technique de la peinture à l’huile. Car avant, les peintres italiens utilisaient surtout la « tempera » ou détrempe, peinture à l’eau et à l’œuf. Ce voyage en Flandre d’Antonello est raconté par Jean Diwo dans son roman « au temps où la Joconde parlait ». Nous vous conseillons la lecture pour retrouver un peu l’ambiance des milieux artistiques de l’époque. Mais ce voyage en Flandre n’est sans doute qu’une légende, et c’est plutôt à Naples, où la peinture flamande était très bien connue, qu’il aurait découvert ce nouveau procédé. De la peinture flamande, Antonello da Messine retiendra aussi une grande capacité à observer les choses telles qu’elles sont et à les restituer, en particulier dans le portrait. C’est ainsi que s’y exprime l’art de rendre le caractère, la personnalité et l’expression des visages. Cette peinture plus « émotionnelle » était plutôt nordique. En Italie, la préoccupation portait davantage sur le souci d’équilibre et l’inspiration de l’antique. Avec Antonello, tout va changer. Il va, en effet, transmettre l’ensemble de ses découvertes flamandes à ses collègues vénitiens. En tous cas, c’est ce qu’a retenu la légende. Mais quoi qu’il en soit, c’est effectivement à Venise que commence, en Italie, l’usage plus systématique de la peinture à l’huile.

Alors qui est l’homme représenté ici ? Nous n’en savons rien. Est-il seulement vénitien ? Peut-être. Imaginons qu’il s’agit ici d’un riche marchand, fier de sa famille et de sa réussite. Comme un homme à la mode, il se fait portraiturer par Antonello, cet artiste dont on parle tant dans les milieux artistiques de Venise, notamment pour la brillance de ses tableaux.
C’est un tableau « à la flamande », le fin du fin donc. Satisfait comme il peut l’avoir l’air sur son tableau, nous l’imaginons montrant l’œuvre à ses invités, fier de souligner par là son statut élevé. Ou bien le tableau était-il dédié à une douce jeune fille vénitienne, photographie séductrice pour décider la belle au mariage ? Nous laissons votre rêve continuer le commentaire.


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