L’origine des Invalides

Les invalides et le tombeau de napoleon

L’origine des Invalides

Mais revenons aux bâtiments. Comme nous vous l'avons déjà dit, la fonction première des Invalides était d'accueillir les vétérans de l'armée française. Ils étaient logés dans les ailes de gauche et de droite. Au rez-de-chaussée quatre grandes salles servaient de réfectoires. Près de mille cinq cents invalides y prenaient régulièrement leurs repas. Des peintures murales représentant les grandes victoires de Louis quatorze devaient donner l'illusion à ces vieux soldats de participer encore un peu à ces grandes campagnes militaires où ils s'étaient souvent illustrés avec tant de bravoure. A l'étage, ils pouvaient se retrouver pour discuter, jouer aux cartes ou faire de petits travaux manuels. De vastes dortoirs, enfin, leur permettaient, la nuit, de rêver une fois de plus à leurs exploits passés. Ne sortant pratiquement pas, ils devaient se contenter de petites promenades dans cette vaste cour, sous le regard attentif de surveillants.

Une part importante de leur temps était consacrée aux pratiques religieuses. Comme eux, entrons dans l'église par l'entrée principale située au milieu de l'aile centrale et donnons plus de détail sur l’origine des Invalides. Dans son testament Louis quatorze écrivait avec fierté :
« Entre les différents établissements que nous avons faits dans le cours de notre règne, il n'y en a point qui soit plus utile à l'État que celui de l'hôtel royal des Invalides »
En effet jusque-là, le sort des soldats trop âgés ou trop handicapés pour continuer à servir dans l'armée n'avait jamais été véritablement pris en compte. Et, selon une vieille tradition, c'était aux monastères que revenait le devoir de les accueillir. Mais cette solution ne satisfaisait personne et souvent les vétérans des armées préféraient errer dans les rues plutôt que de s'enfermer dans un couvent. L'idée de tous les recevoir dans un établissement spécialisé apparut dès le règne de Henri quatre, au début du 17e siècle. Mais, l'assassinat du roi par Ravaillac, en 1610, poussa à l’abandon du projet. Mais devant la multiplication des guerres dans les années 1650-1660, cette question devient une des priorités du jeune roi Louis quatorze. Ainsi, une ordonnance royale de 1670 décida de la création d'un hôtel destiné selon les termes de l'époque aux «soldats estropiés ou ayant vieilli dans le service ». Les Invalides étaient nés.
Louvois, ministre de la guerre, choisit tout d’abord Bruant comme architecte puis Jules Hardouin Mansart, petit neveu de François Mansart, le célèbre auteur de l'abbaye du Val de Grâce.
Ce Jules Hardouin Mansart eut l’idée de construire non pas une, mais deux églises, l’une réservée au roi et aux invités de marque et l’autre aux vieux soldats. Mais là où il y a originalité, c’est qu’elles se font face l’une l’autre, de chaque côté de l’autel.
La première, dans laquelle vous êtes en ce moment, est remarquable par sa sobriété et l'harmonie de ses proportions. Aucune décoration superflue ne devait détourner l'attention des vieux soldats qui y assistaient quotidiennement à la messe. La seconde, que nous visiterons tout à l'heure abrite la crypte de Napoléon. Elle fut conçue de façon radicalement différente. De plan carré et non plus rectangulaire comme ici, elle a sa propre entrée, située carrément à l'opposé de l'esplanade des Invalides pour éviter sans doute des rencontres indésirables entre indigents et invités de marque. De plus, elle reçut un décor somptueux, digne du roi et de ses familiers qui daignaient honorer les Invalides de leur présence. Finalement, le 28 août 1706, l'ensemble fut terminé et solennellement inauguré, en présence du roi et de la cour. Madame de Maintenon, l'épouse de Louis quatorze décrivit, le lendemain, la cérémonie dans une lettre adressée à l’une de ses amies, la princesse des Ursins : « Le Roy alla hier aux Invalides, sans autre dessein que de faire plaisir à Monsieur Mansart qui a fini cet ouvrage. Cependant, ce fut un beau spectacle : le Roi suivi de la famille royale et de toute la cour, entrant dans le plus beau lieu du monde au milieu de tous les soldats, une musique mêlée de trompettes et de cymbales, Monsieur le cardinal de Noailles disant la messe. »


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