Le tombeau Napoleon

Les invalides et le tombeau de napoleon

Le tombeau Napoleon

Ici, on évoquera le retour en France de la dépouille de Napoléon. Napoléon est mort exilé dans la petite île lointaine de Sainte-Hélène en 1821. Et, comme nous l’avons vu, son corps y a d’abord été inhumé dans une petite tombe très simple. Personne en France, où régnait alors Louis 18, le propre frère de Louis 16, ne s’en est alors ni soucié ni ému et n’a donc demandé le rapatriement de la dépouille de l'empereur déchu. Mais la Révolution de 1830 va changer la donne. Le nouveau roi, Louis-Philippe, se présentant alors comme un modèle de souverain libéral, et voulant sans doute s'attirer les sympathies des nostalgiques du Premier Empire, réussit à obtenir de l'Angleterre l'autorisation de ramener en France le corps de Napoléon. Il envoie son fils, le prince de Joinville, à Sainte Hélène pour diriger les opérations. Le cercueil est rapporté en France à bord de la Belle Poule, l’un des fleurons de la marine française. Puis il fut décidé d’accueillir sa dépouille aux Invalides. Un lieu qui permet d’insister avant tout sur le rôle militaire de Napoléon.

Un concours public fut alors lancé pour l'aménagement du futur tombeau. 81 architectes y participèrent et le jury choisit le projet de Visconti. Issu d'une célèbre lignée d'archéologues italiens, Louis Tullius Visconti est l'un des plus grands porte-parole du style néo-baroque parisien. Parmi ses œuvres, mentionnons la fontaine des Quatre-Evèques de la place Saint-Sulpice.

Pour les Invalides, son idée fut simple, mais grandiose : une crypte, accessible par un escalier situé derrière le maître autel de l'église, devait être aménagée sous la coupole. En son centre était prévu l'emplacement du mausolée de l'empereur. Mais les travaux prirent du retard et étaient loin d'être terminés le jour prévu. Arrivé à Cherbourg, le convoi funéraire remonta la Seine jusqu'à Courbevoie. Enfin, le 15 décembre 1840, l'exilé de Sainte-Hélène retrouvait cette ville de Paris qu'il avait tant aimée. La foule fut énorme pour l’accueillir dans un dernier hommage. Victor Hugo fut témoin de la scène et raconte : « le cercueil fut placé sur un char, tiré par 16 chevaux, accompagné à pied par les anciens maréchaux, généraux et autres familiers de l'empereur. Par la place de l'Étoile et les Champs-Élysées, le cortège funéraire arriva enfin aux Invalides, accueilli par le roi Louis Philippe à l'intérieur de l'église. A son fils qui lui annonça : « Sire, je vous présente les restes mortels de l'empereur Napoléon » il lui répondit sobrement « Je les reçois au nom de la France » ». Débuta alors l'exécution du Requiem de Mozart et à trois heures la cérémonie prit fin. Comme le tombeau n'était pas encore prêt, le cercueil fut installé provisoirement dans une chapelle latérale. La foule se pressa nombreuse pendant les mois suivants pour rendre un hommage posthume à l'empereur. Face à cette ferveur populaire, Victor Hugo put alors écrire « La foule était là comme devant un autel où le Dieu serait visible ». Les travaux ne seront en fait achevés qu’en 1853 après que Louis Philippe ait été chassé du trône par la révolution de 1848. Le cercueil de Napoléon ne fut déposé qu'en 1861 dans le sarcophage qui occupe aujourd’hui le centre de la crypte.


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