Le château des brouillards

Montmartre

Le château des brouillards

Revenez doucement sur vos pas pour remonter la rue des saules jusqu’à la maison rose d’Utrillo, c'est-à-dire jusqu’à la rue de l’Abreuvoir que vous prendrez à droite.

Vous voici à descendre cette rue de l’Abreuvoir, sentier pentu où l’on menait les bêtes à boire ;
A son extrémité, vous débouchez Place Dalida.

Au centre de cette place se trouve la statue de la chanteuse. Elle habitait à proximité, au 11bis rue d’Orchampt. Sa statue regarde d’ailleurs dans la direction de sa maison.
Quand vous êtes face à la statue, tournez la tête à gauche : vous voyez une rue étroite dans l’axe de la rue de l’abreuvoir. Cette rue, l’allée des brouillards, longe sur sa gauche un jardin entourant une maison blanche à fronton triangulaire.
Empruntez cette allée des brouillards et arrêtez-vous devant la maison à fronton triangulaire.

Cette maison est le Château des brouillards, magnifique appellation pour un lieu  devant lequel tant de peintres ont posé leur chevalet. Au 17e siècle, c’était une ferme, qui, noyée dans la brume les jours d’orage, fut baptisée de ce nom si mélancolique.
En 1764, sous Louis 15, un avocat au parlement de Paris se fit construire une résidence de campagne, ou folie, avec fronton.
Mais pourquoi appelle’on ces maisons de campagne « Une folie »? Eh bien parce qu’il s’agit d’une maison de campagne or la campagne, est un lieu de verdure chargé de feuilles. Le mot « folie » vient donc du latin « folium » qui signifie « feuille ». Le terme « folie » n’indique donc pas forcément que l’on y faisait des folies.

En effet, elles étaient souvent des lieux de rendez-vous galants. Au début du 19e siècle : le poète Gérard de Nerval, qui y loge, la décrit comme « une construction si légère, une petite villa dans le goût de Pompéï, quelque chose comme la maison du poète tragique ».
Regardez ce joli fronton triangulaire qui rappelle les frontons antiques : ne se croirait-on pas devant une villa romaine. De fait, depuis 1764, la mode en architecture est au retour à l’antiquité romaine, à cause notamment de la découverte des ruines enfouies de Pompéï en Italie. C’est pourquoi de Nerval parle du goût de Pompéi pour dire « goût de l’antiquité romaine ».

Par la suite, vers 1850, c’est le peintre Renoir qui résida ici. Jean Renoir, son fils, le cinéaste, y fit ses 1er pas. Renoir père était le plus aisé des impressionnistes parce que, en plus de ses toiles paysagées, il portraiturait la bourgeoisie, dont il était l’un des peintres les plus appréciés et par conséquent les mieux payés.


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