Les œuvres les plus importantes de la collection du musée

Munich: promenade autour de la place royale

Les œuvres les plus importantes de la collection du musée

Nous vous proposons d’entrer dans le musée pour découvrir les 5 œuvres les plus importantes de la collection. Vous en connaissez peut-être déjà trois par les innombrables reproductions qui peuplent les musées, châteaux et jardins du monde entier, mais Munich possède les originaux antiques : il s’agit du Faune Barberini, de la statue d’Alexandre le Grand et du charmant enfant à l’oie. Mais en plus, nous vous proposons de découvrir un tympan complet ramené du temple d’Ephèse et une gigantesque statue d’Apollon. L’entrée se trouve en haut des marches sous la colonnade. Vous prenez votre billet à la caisse dans la première salle située à gauche après l’entrée.

Quand vous êtes face à la caisse, allez sur votre gauche et marchez directement jusqu’à la dernière salle. Il s’agit de la seconde après la caisse. Vous ne pouvez pas vous tromper, elle est circulaire et présente au centre la statue grandeur nature d’un jeune homme endormi dans une position lascive. Il s’agit du célèbre Faune Barberini.

Le souffle reste suspendu devant la beauté de cette œuvre de marbre blanc. Le maître qui réalisa ce chef-d'œuvre compte parmi les plus grands sculpteurs de l’art européen. Nous pouvons parler d’un Michel-Ange de la Grèce antique, mais un Michel-Ange malheureusement inconnu, car comme pour presque toutes les œuvres antiques, l’auteur n’est pas identifié. Mais regardons ce Faune dont le marbre est si parfaitement poli que nous avons l’impression qu’il brille et possède la consistance de la peau. Le personnage est représenté grandeur nature et endormi dans une pose. Parlons plus en détail de cette mythique sculpture. Ce jeune homme est allongé sur un simple rocher ou bloc de pierre. Regardez comme ce socle est brut et non pas lisse et muni d’un dossier confortable. Cela laisse penser que notre homme s’est simplement assoupi en pleine nature, peut-être au milieu des bois. Cependant pour obtenir un peu de confort, il a jeté négligemment une peau de bête sur le rocher. Nous pouvons supposer qu’il s’agit d’une peau de panthère. Le spectateur est vraiment invité à se faire voyeur, comme s’il surprenait un moment d’abandon, pendant lequel il peut admirer à loisir l’anatomie du personnage! Sa pose est étudiée tout exprès pour la mettre en valeur. Quel adjectif vous vient à l’esprit pour décrire une telle pose ? « Lascive » dites-vous ? Oui, nous sommes d’accord. Regardez comme sa tête rejetée en arrière et comme ce bras tendu plié derrière la chevelure suggère l’abandon. Cette position a permis au sculpteur de tendre le torse. Ce qui lui permet de faire admirablement apparaître tous les muscles du flanc et du bras plié. Regardons le bas du corps maintenant, il a une jambe pendante et l’autre est pliée sur le socle, ce qui permet au spectateur de bien voir ses organes génitaux.
Mais contemplons encore les détails anatomiques rendus avec une immense précision. Admirez le mollet de la jambe pliée ou le bas du ventre juste au dessus du pubis. Nous pouvons discerner les veines qui apparaissent en relief en raison de la tension du ventre plat.
Regardons un instant le visage. Il ne s’agit pas d’un portrait idéalisé. Au contraire, voyez comme les traits sont assez grossiers ou rudes. Nous avons affaire à un bon gaillard. La chevelure est totalement en désordre avec une couronne de feuilles de lierre. Ne s’est-il pas endormi sous l’effet de l’alcool après une fête villageoise ? Les yeux sont lourds et la bouche à demi ouverte. Nous avons presque l’impression de le sentir respirer. Mais qui est ce jeune homme ? Quelques détails nous aident à l’identifier sans problème. Essayez de voir les oreilles qui dépassent un peu de la chevelure. Étrange non ? Elles sont pointues. Maintenant, regardez derrière la jambe pendante à droite sur le socle. Voyez-vous le bout d’une queue de chèvre posée sur la peau de bête et qui semble provenir de son dos ? Oui, elle est bien plantée dans le dos du jeune homme. Les oreilles pointues, la queue de chèvre et la peau de panthère, l’animal fétiche de Bacchus, permettent d’identifier ce personnage : c’est une faune ou un satyre. Qui sont-ils : ces figures mythologiques sont les compagnons de Bacchus, le dieu du vin. C’est celui aussi des fameuses fêtes de Bacchus -les bacchanales- au cours desquelles, comme ce jeune homme vient peut-être de le faire, on se livre sans retenue aux plaisirs terrestres : le vin, les femmes…Du reste, la principale occupation des satyres est la poursuite et le viol des nymphes ou de tout ce qui ressemble à un être du sexe féminin. C’est donc d’emblée un symbole de la puissance sexuelle, mais l’image est pour ainsi dire inversée ici: pourquoi ? et bien parce que c’est le faune qui est exposé à notre désir et pas l’inverse. Mais d’où provient cette statue ? Elle fut découverte à Rome au château Saint-Ange lors de travaux ordonnés par le pape Urbain 8 vers 1630. Aussitôt, elle entre dans la collection de la famille du pape, les Barberini, qui lui donnèrent son nom. Le génial sculpteur baroque Bernin fut chargé de restaurer la statue. La statue devint alors très célèbre auprès des amateurs d’art européen. En 1810, l’original que nous admirons fut acquis par Louis 1er de Bavière qui le ramena à Munich. Les historiens de l’art datent l’œuvre du 3e siècle avant Jésus-Christ et supposent qu’elle fut réalisée en Asie Mineure, puis transportée à Rome à une époque plus récente, peut-être sous Hadrien. Avouez que rien que pour cette statue, le musée vaut la visite.


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