Le Fronton Ouest du temple d’Éphèse

Munich: promenade autour de la place royale

Le Fronton Ouest du temple d’Éphèse

Nous vous proposons maintenant de découvrir le fronton complet d’un temple découvert en 1811 sur l’île d’Éphèse. Quand vous avez la porte par laquelle vous êtes entrés dans la salle 2 dans le dos, tournez-vous vers le mur de droite. Puis passez la porte et allez tout droit jusqu’au bout de l’enfilade de salles. Vous traversez ainsi 4 salles jusqu’à celle numérotée 6.

Arrivés dans la salle 6, tournez-vous vers la droite et allez dans la salle suivante numérotée 7. Il s’agit de la salle du fronton d’Éphèse. Nous vous retrouvons devant l’enfilade de statues rangées sur la longue table au milieu de la salle.

Ces statues bien rangées en ligne proviennent du fronton d’un temple qui s’élevait autrefois sur l’île d’Éphèse dans la mer Egée. L’ensemble compte parmi les plus extraordinaires découvertes faites par les archéologues au cours des siècles. Un peu comme le tombeau de Toutankhamon ou la victoire de Samothrace. Mais les statues que nous voyons n’ont pas été sauvagement retirées de leur temple d’origine et envoyées à Munich comme ce fut fait avec la frise du Parthénon d’Athènes. Non, le temple d’Éphèse était détruit et, en 1811, les chercheurs découvrirent les morceaux et purent reconstituer l’ordre des statues. D’après l’étude stylistique du travail du marbre, ce fronton fut réalisé entre 490 et 510 avant Jésus-Christ. Les restes du temple furent découverts en 1811 dans les ruines abandonnées du temple d’Aphaia par 4 jeunes chercheurs qui se rendaient à Egine. Les sculptures furent ensuite transportées à Rome où Louis de Bavière chargea l’immense sculpteur danois Bertel Thorwaldsen de compléter les parties manquantes comme bras, jambes et armes. Elles furent ensuite envoyées à Munich où elles prirent place dans la Glyptothek. Naturellement, il ne s’agissait plus d’œuvres antiques, mais de morceaux antiques intégrés dans des statues de Thorwaldsen. Suite à des fouilles effectuées entre 1962 et 1978, le directeur de la Glyptothek découvrit de nouveaux fragments complétant les œuvres présentées. Il décida alors de rendre sa pureté à ce chef-d'œuvre antique et fit retirer les compléments du 19e siècle pour ne conserver que la substance originelle. Avant de parler du style de ces œuvres, racontons l’histoire qu’elles illustrent, car il sera ainsi plus facile de reconnaître les protagonistes.
Alors, que représentent ces sculptures ? Il s’agit d’une représentation de la guerre de Troie. Vous connaissez sans doute cette histoire.
Priam, le roi de Troie, avait un fils appelé Paris. Mais celui-ci enlève la belle Hélène, qui n’est autre que l’épouse du roi de Sparte. Les cités Grecques s’unissent pour attaquer la ville de Troie. Et la guerre allait durer 10 ans jusqu’à ce que les Grecs imaginent la ruse du cheval de Troie. Vous la connaissez certainement : ils construisirent un immense cheval de bois et l’amenèrent aux portes de la ville, comme s’il s’agissait d’un présent. Et les Troyens tombent dans le panneau : ils ouvrent les portes pour faire entrer le cheval. Mais celui-ci est creux et à l’intérieur sont massés les guerriers grecs, qui attendent la nuit pour sortir de leur cachette et ouvrir les portes au reste de l’armée grecque. Alors, qui est qui parmi ces statues ? Commençons par le plus facile. Tout d’abord, regardons au milieu : nous voyons une déesse que vous connaissez déjà, nous l’avons vu sur le fronton du musée à l’extérieur. La reconnaissez-vous avec sa longue robe drapée et son casque de métal ? Il s’agit naturellement de la déesse Athéna qui, ici, n’est pas la protectrice des arts, mais une guerrière portant lance et bouclier. Maintenant, regardez de chaque côté de la divinité : on trouve un vaillant guerrier nu se protégeant avec son bouclier et comme nous le voyons à gauche où la tête est conservée, portant un casque. A la position du torse légèrement tourné et la jambe arrière en appui, nous pouvons conclure que chaque guerrier tenait une lance ou javelot prêt à être lancé sur l’ennemi. Le guerrier de gauche est Ajax : c’est le plus puissant guerrier grec avec Achille. De l’autre côté, le soldat de droite dépourvu de tête est un Troyen. Et maintenant, regardons de nouveau la partie gauche du fronton. Après Ajax, nous voyons une jambe isolée et tournée en direction d’Ajax. Il s’agit naturellement du seul reste de l’ennemi d’Ajax. Puis regardez après la jambe : nous avons 4 guerriers. Le premier est agenouillé et tend les bras d’une manière très facile à identifier : il tire à l’arc. À côté de lui, nous voyons un soldat penché dans une position d’attaquant. Il tenait certainement à l’origine une épée ou une lance. Puis pour finir, nous avons deux corps couchés sur le sol dans la direction de l’archer. Il s’agit naturellement de 2 guerriers blessés. Admirez la position du premier. Il tient son bouclier en hauteur pour se protéger et prend appui de toutes ses forces sur un bras. La jambe est tendue et on voit que chaque muscle admirablement dessiné. Prenez le temps de bien les regarder pour vous en rendre compte. Et ensuite, observez attentivement l’archer. Remarquez-vous une différence par rapport aux autres protagonistes ? Non !? Mais si : regardez au niveau du poignet et de la cheville. Nous observons une légère démarcation qui marque tout simplement le rebord d’un vêtement. Car l’archer est recouvert d’une protection de cuir. Ce personnage peut être identifié grâce à son étrange casque ressemblant un peu à un bonnet phrygien. Il s’agit de Paris, le prince héritier de Troie qui était réputé être le meilleur archer de sa ville. Si vous tournez maintenant votre attention vers les soldats situés à droite d’Athéna, vous retrouvez la même disposition. En revanche, la cuirasse de l’archer est très différente et plus visible. Celle-ci est lourde et protège le buste. Nous voyons dépasser une jupette au niveau des hanches. Il s’agit certainement de Teukos, le frère d’Ajax et le meilleur archer grec. Alors en fait, on a bien vu que seuls Teukos et Pâris portent une armure. Les autres sont montrés complètement nus, comme des lutteurs. Et même, les rares qui portent un casque le portent un peu n’importe comment, dirons-nous. Vous les voyez…ils sont remontés sur le front. Mais rassurer vous, dans la réalité, les Grecs portaient des armures et leurs casques leur protégeait bien le visage. Nous le voyons très bien sur le soldat dressé à gauche d’Athéna. Vous le voyez ?: il porte un casque grec traditionnel avec une protection nasale et une ouverture pour les yeux. En bref, ici, le sculpteur cherche surtout à mettre en valeur les corps et pas à réaliser un tableau réaliste.


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