La statue d’Alexandre le Grand

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La statue d’Alexandre le Grand

Après le Faune Barberini, nous allons maintenant découvrir le portrait du légendaire roi de Macédoine, Alexandre le Grand. Allez dans la prochaine salle numérotée 10 et arrêtez-vous devant la statue placée au milieu de la salle. Elle représente un jeune homme debout.

Qui n’a pas entendu parler d’Alexandre le Grand? Grâce à cette statue, nous pouvons nous représenter l’aspect de ce conquérant mythique. C’est la seule existante dans le monde qui soit de grande dimension et en bon état. Mais avant de détailler cette œuvre, permettez-nous un bref rappel historique sur la carrière de ce héros. Alexandre est né en 356 avant Jésus-Christ et il était le fils du roi Philippe de Macédoine. A la mort de son père en 336, il devient roi de Macédoine. Il entreprend alors une suite ininterrompue de conquêtes militaires qui transforment son petit État en un immense empire s’étendant jusqu’aux rives de l’Indus. Ce territoire englobait la Perse, l’ensemble de la Grèce, l’Egypte et beaucoup d’autres régions. Finalement, il meurt en 323 des suites du typhus à l’âge de 33 ans. Après sa mort, son empire éclata en plusieurs royaumes confiés à ses différents généraux. Et regardons maintenant le portrait de ce jeune héros. Le torse est légèrement penché vers l’avant, et une jambe est tendue à l’arrière, tandis que l’autre est posée sur un socle, comme si Alexandre montait un escalier. Voyez à l’arrière de la jambe droite posée au sol, il y a la cuirasse militaire du héros et sa cape jetée négligemment en boule au dessus de la cuirasse. En observant bien la pose d’Alexandre et le fait que la cuirasse gît au sol, nous pourrions penser qu’il s’apprête à prendre un bain au retour d’une campagne militaire. Eh bien non ! En fait, Alexandre est en train de monter dans le char de son père Philippe. Même si les bras ont disparu. Nous pouvons reconnaître à la position des épaules et au mouvement du torse qu’Alexandre tient les rennes des chevaux. La cuirasse à l’arrière du prince est en réalité un rajout tardif. Maintenant, admirons le traitement du visage. La chevelure bouclée et en désordre encadre le front comme la crinière d’un lion. Le prince est encore dans l’adolescence. Regardez son torse par exemple. Il est musclé certes, mais pas de façon exacerbée. Il est même un peu maigre comparé à la représentation masculine traditionnelle dans la Grèce antique. Le visage est également celui d’un adolescent avec ses lèvres un peu boudeuses. Mais ce que nous remarquons surtout est que le sculpteur montre un Alexandre réaliste et non idéalisé. Le seul élément grandissant dira nous est son regard : Voyez son regard : il est fixe et perdu vers l’horizon comme s’il voyait au loin, son prodigieux destin. Mais à part cela, c’est une statue empreinte de réalisme que nous admirons. Ce réalisme se perdra au moyen âge et réapparaitra surtout avec La Renaissance. Maintenant, parlons deux mots sur l’artiste qui, cette fois-ci, est connu. Il s’agit d’Euphranor, un sculpteur et peintre contemporain d’Alexandre. Mais ici, il s’agit en réalité d’une copie romaine d’un énorme groupe en bronze exécuté par Euphranor. En fait, la plupart des œuvres grecques ne nous sont connues que par les copies en marbre faites à Rome après la conquête de la Grèce. Ces copies étaient très fidèles aux originaux et, dans le cas présent, nous pouvons estimer avoir un portrait contemporain du grand Alexandre.


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