La statue d’enfant à l’oie

Munich: promenade autour de la place royale

La statue d’enfant à l’oie

Pour finir, nous vous invitons à admirer une charmante statue d’enfant qui est une des plus célèbres statues de l’antiquité. Quand vous êtes face à Apollon, tournez-vous vers la droite et allez dans la salle suivante, la salle numéro 13. Nous vous retrouvons devant la statue en marbre montrant un enfant tenant une oie exposée au centre de la salle.

Une adorable représentation ne trouvez vous pas ? Nous sommes vraiment loin des effigies de dieux et de puissants guerriers. Mais avant de décrire cette œuvre, avouons qu’il s’agit, comme dans presque tous les cas, d’une copie romaine d’après un original du 3e siècle avant Jésus-Christ. Cette composition fut si célèbre à Rome qu’elle fut plusieurs fois reproduite à l’époque et il en existe des exemplaires dans plusieurs collections dispersées dans le monde. La version de Munich est cependant la mieux conservée et restaurée. Admirons l’œuvre exposée devant nous. Une première remarque : il y a du mouvement. Voyez comme l’enfant semble déséquilibré. Et même, pour qu’il reste debout, on se dit qu’il doit utiliser beaucoup de force, car sinon, il serait emporté en arrière. Alors : contre quoi utilise-t-il sa force : et bien contre la malheureuse oie qu’on voit paniquée et même souffrante. Bref, grâce à cette suggestion des déséquilibres compensée par de la force, le sculpteur a renforcé l’idée qu’on se fait de la souffrance de l’oie. C’est très fort.
Et c’est d’autant plus fort qu’à côté de cela, à côté de cette souffrance, nous voyons le visage très réaliste et charmant du bambin. Le garnement sourit et, en même temps, les traits sont durcis par la force qu’il déploie pour retenir ou plus exactement pour étrangler le pauvre volatile. Nous ressentons à la perfection cette cruauté innocente propre à l’enfance. Et c’est pourquoi on peut parler d’un chef-d'œuvre. Par cette construction, le sculpteur sollicite notre capacité à ressentir, à projeter le déséquilibre suggère l’emploi de la force qui lui suggère la souffrance de l’oie ; souffrance qui elle renforce la cruauté de l’enfant.
Et puis le travail est d’un fini irréprochable. Contemplez la qualité du marbre. Il est poli avec presque autant de qualité que celui du Faune Barberini. Observez aussi les jambes potelées du garçon : les plis de la chair sont rendus avec beaucoup de douceur et de réalisme et nous observons un subtil jeu entre les ombres et la lumière, là où la chair forme des bourrelets. Regardez aussi le plumage de l’oiseau, chaque plume se détache en relief et le plumage est exécuté avec une immense précision.


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