Les origines de la cathédrale

Notre-dame de paris

Les origines de la cathédrale

L'édifice tel qu'il se présente aujourd’hui a été commencé dans la deuxième moitié du douzième siècle. Mais n'imaginez pas que les travaux aient été achevés rapidement, sans heurt ni douleur. De nombreux architectes se sont succédé, chacun désireux d'apporter sa propre touche au bâtiment. Et ce n'est, finalement qu'au bout de pratiquement trois siècles de labeur acharné, que l'on put, enfin, admirer, sans échafaudage dirons-nous, cette somptueuse cathédrale digne de la capitale des rois de France.
Alors, retraçons cette évolution de la cathédrale depuis ses débuts. Comme on peut le constater, le temps et les hommes se sont acharnés contre Notre-Dame. On pense, bien sûr, spontanément, à la Révolution française. Mais elle n'est pas seule responsable de ces détériorations que les restaurations de Viollet Le Duc et de ses successeurs, au dix-neuvième siècle, ont tenté de masquer.
Et si, d'où vous êtes, votre regard est immanquablement attiré par la façade de la cathédrale, résistez à la tentation et regardez plutôt le sol. Comme vous pouvez le constater, les pavés ne sont pas tous pareils. Les plus petits, de couleur gris foncé, forment deux lignes droites d'où partent, vers la façade de Notre-Dame, sept puis six lignes parallèles. Alors pourquoi ce marquage au sol ?
Et bien il s'agit, en fait, de la matérialisation du plan de la première église construite à cet emplacement entre le quatrième et le sixième siècle, soit, au minimum, huit siècles avant l'actuelle cathédrale. Revenons, quelques instants à cette époque reculée. Véritable berceau du Paris actuel, l'île de la Cité fut occupée, dès le troisième siècle avant Jésus-Christ par les Parisii, tribu gauloise venue, sans doute, de l'est de l'Europe. Très vite, ils développèrent un important commerce fluvial sur la Seine et ses affluents. Trois siècles plus tard arrivèrent les légions romaines de Jules César. Une fois les Parisii vaincus et la conquête de la Gaule achevée s'établissent une paix durable. Conservant leur vocation marchande, les Parisii cohabitèrent, plutôt harmonieusement, avec les familles romaines installées dans leur ville. Le christianisme s'y implanta petit à petit malgré l'attitude souvent hostile des autorités romaines. Et même si les premiers évangélistes comme Saint-Denis périrent de mort violente lors des persécutions, rien n'arrêta véritablement la christianisation de la population. De clandestine, la religion chrétienne devint même officielle à la suite de la conversion officielle de l'empereur Constantin. Comme dans toutes les villes de l'Empire romain, un évêché fut créé à Paris, justement à l'endroit précis où vous êtes en ce moment. Tout semblait être rentré, désormais, dans l'ordre. Mais cette paix retrouvée ne dura guère. Une redoutable menace allait s'abattre sur la ville. Venues de l'Europe de l'Est et guidées par un désir de conquête, des invasions barbares allaient déferler sur le monde romain dès ce même quatrième siècle. Paris n'échappa pas à la règle et essaya d'éviter le pire grâce à la construction d'un rempart de pierre tout autour de l'île de la Cité actuelle. Mais rien ne pouvait enrayer l'implacable progression des envahisseurs. Les Romains vaincus, s'ouvrit alors une période troublée. Seul l'évêque pouvait encore maintenir un semblant d'autorité dans Paris, redevenue une simple bourgade sans véritable importance. Cependant, un homme, Clovis le roi d'un de ces peuples dits barbares, celui des Francs, réussit, par les armes, à imposer son pouvoir. Se convertissant, à son tour, au Christianisme en 496, il fut reconnu par tous comme le nouveau maître de la Gaule. La dynastie des Mérovingiens était née. Sa capitale : Paris, la ville de prédilection de Clovis.
La cathédrale fut-elle reconstruite à cette époque ? Mystère. Regardez, sur le sol, la plaque gravée sur le sol située légèrement sur votre gauche. Y figure, comme vous le constatez, l'inscription «porche de la basilique Saint-Etienne du sixième au douzième siècle». Les traces au sol correspondraient donc aux traces d'un édifice- basilique au sens de cathédrale bien sûr - datant du règne d'un des successeurs de Clovis, peut-être Childebert mort en 558. Suivez des yeux les lignes tracées par les petits pavés. Un premier espace rectangulaire, large de trente six mètres, correspond à l'emplacement de la façade de cette première cathédrale. Juste derrière était située la nef -c'est-à-dire la partie réservé aux fidèles. Comme vous l'indique le marquage au sol, cette nef était divisée en cinq parties dans le sens de la longueur. Ainsi l'espace central, large de dix mètres était flanqué, à gauche et à droite de deux séries de deux bas-côtés. On ne connaît pas précisément la longueur totale de cette première cathédrale. Mais, vue la largeur, elle devait facilement atteindre soixante- dix mètres. Or, pour certains spécialistes, de telles dimensions et un tel plan sont caractéristiques non de l'époque mérovingienne, mais, bien plutôt de la fin de l'Empire romain c'est-à-dire du quatrième siècle. De toute façon, ce n'est qu'en 1847 que l'on mit à jour les vestiges de cette première église que l'on s'empressa de matérialiser sur le pavage du parvis!
Et à l'époque, deux siècles, de plus ou de moins, pour la datation, pouvaient sembler quantité négligeable.
Mais au fait, pourquoi la mention d'une basilique consacrée à Saint-Etienne et non, comme l'actuelle, à Notre-Dame? En fait, ce n'est qu'au dixième siècle que les archives commencent à mentionner la dédicace de la cathédrale de Paris sous le nom de Notre-Dame. La raison en est malheureusement inconnue. Rappelons que Saint-Etienne, le premier martyr de l'histoire du christianisme, était un des saints les plus populaires du Moyen-Age. De nombreuses églises lui étaient consacrées, et non des moindres. Citons un seul exemple : la cathédrale de Sens. Or, jusqu'au début du dix-septième siècle, l'évêché de Paris dépendait de l'autorité de l'archevêque de Sens. D'où, peut-être, la dédicace, à l'origine, des deux cathédrales au même saint.


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