Le transept de l’Eglise

Notre-dame de paris

Le transept de l’Eglise

Maintenant, longeons les chapelles des bas-côtes. Au passage, une véritable forêt de bougies nous signale le grand crucifix de bronze offert par l'empereur Napoléon trois, dans les années 1860.

Avançons jusqu'au transept c'est-à-dire jusqu'au vaste espace rectangulaire situé à l'extrémité de la nef.

Sur la gauche, notre regard a été, très certainement, attiré par la statue de Notre-Dame portant l'enfant Jésus. Parmi les trente sept représentations de Marie visibles dans la cathédrale, c'est certainement celle-ci qui est la plus célèbre, tout simplement parce que la mieux placée dans l'édifice.

A la souplesse de l’attitude du corps et à la fluidité des vêtements, nous devinons que le sculpteur a, avant tout, cherché à souligner la douceur maternelle de la vierge. Ce qu’on retrouve dans beaucoup de représentations féminines à partir du 14e siècle.

Plaçons-nous maintenant le plus près possible du milieu du transept, juste face au maître autel. Sur un podium de huit marches, ce maître-autel de bronze, réalisé en 1989, sert quotidiennement pour la célébration des offices. Hélas, on n’en voit pas vraiment les détails, mais sachez, que sa décoration stylisée représente les quatre prophètes de l'Ancien Testament : Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel et les quatre Evangélistes du Nouveau Testament : Marc, Matthieu, Luc et Jean. Comme souvent, ce choix de personnage très fréquent depuis l’aube du christianisme montre la continuité qu’il y a entre le nouveau et l’Ancien Testament.
Derrière l’autel, sur la gauche, se trouve une statue de l'époque de Louis quatorze. Là encore, on l’aperçoit plus qu’on ne la voit. Il s’agit de Saint-Denis, l'évangélisateur et le premier évêque de Paris au troisième siècle.

Et ce n'est pas sans raison que, juste derrière, se trouve placée la cathèdre qui est le siège d'apparat réservé à son successeur actuel, l'archevêque de Paris. Rappelons, au passage, que c'est de ce mot 'cathèdre' (qui veut dire siège en grec) que vient le mot 'cathédrale' qui désigne donc l'église de l'évêque.
Derrière l'autel, trois marches permettent d'accéder au chœur, partie exclusivement destinée au clergé. Sur les côtés, des stalles, c'est-à-dire des sièges de bois, étaient réservés aux chanoines, qui sont les assistants de l'évêque lors des messes. D’ici, nous ne les voyons que très peu. Le fond du chœur est occupé par trois sculptures monumentales de marbre.
Longeons les grilles pour nous approcher le plus possible de ces statues.

Même sans être spécialiste en histoire de l'art, il est évident que cet ensemble décoratif ne date pas du Moyen-âge. En effet, c'est au dix-huitième siècle que le chœur a été totalement réaménagé. Pourquoi?
Un bref rappel historique s'impose pour bien comprendre ces statues. Pour cela, il nous faut revenir au début du 17e siècle. Régnant à partir de 1610, le roi Louis treize avait épousé Anne d'Autriche, en espérant donner rapidement à la France un héritier. Les années passaient et toujours rien. De guerre lasse, il en vint à invoquer le ciel. Si, enfin, le garçon tant attendu venait à naître, le roi s'engageait à consacrer son royaume à la Vierge Marie. Celle-ci ne resta pas sourde à cette promesse. Et, en 1638, dans la liesse générale, le futur Louis quatorze vint au monde. Depuis cette date, et pendant tout l'Ancien Régime, une procession rappelait, tous les quinze août, jour consacré à Marie, ce « vœu de Louis treize ». Mais le roi souhaita également matérialiser dans la pierre cet événement. Et pour cela, il entreprit de transformer le chœur de la cathédrale. Mais sa mort, cinq ans à peine, après la naissance de son fils, l'empêcha de mener les travaux à bien. Et c'est finalement Louis quatorze en personne qui, après de longues années d'abandon du projet, chargea Robert de Cotte de s'atteler à la tâche. Ce Robert de Cotte était alors en train d'achever la chapelle du château de Versailles. Les frères Coustou et Antoine Coysevox, les plus célèbres sculpteurs versaillais, furent choisis pour réaliser les trois groupes sculptés du fond.
Et c’est ainsi que nous voyons : à droite, Louis treize qui offre sa couronne et son sceptre à Marie. Symétriquement, donc à gauche, Louis quatorze est représenté à genoux en prière. Et au centre, Marie, les bras écartés en signe d'affliction, reçoit sur ses genoux le corps de son fils crucifié. La grande croix dorée, au-dessus de Marie, rappelle le triomphe, en fin de compte, des valeurs spirituelles sur les appétits de gloire et de puissance. Il est cocasse de se représenter Louis 14 –qui n’était pas sans appétit de gloire et de puissance, commander ce thème aux sculpteurs. Enfin, le tout est complété par les six anges de bronze patiné qui tenaient chacun une des reliques de la passion du Christ. Parmi celles-ci, la couronne d'épines du Christ, les clous de la crucifixion ou l'éponge imbibée de vinaigre que l'on tendit au crucifié pour étancher sa soif. Stylistiquement, cet ensemble est remarquable par l'envolée toute baroque des figures qui semblent littéralement en mouvement. Notre Dame est associée au gothique et cet ensemble baroque dénotait suffisamment pour qu’on en parle. Admirons, à ce titre, l'expressivité des jeux des bras et des mains ou la fluidité des draperies qui habillent les personnages. Mais cela ne se fait pas au détriment d'une grande rigueur et d'une grande clarté.


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