Les rosaces

Notre-dame de paris

Les rosaces

Retournons dans le bras droit du transept, c'est-à-dire à l'endroit du transept où nous étions tout à l'heure, notamment quand nous admirions la statue de Marie.

Revenons maintenant à l'époque médiévale. Il faut s’en souvenir que le roi Saint-Louis, au milieu du treizième siècle, décida d’élargir la cathédrale. Levons les yeux. C'est au niveau des voûtes que l'on peut le mieux apprécier ces transformations. Nous voyons d’abord une voûte sur 6 arcs : c’est la plus ancienne. Juste dans son prolongement a été rajoutée une petite voûte en quatre parties (sur 4 arcs donc) correspondant à l'espace rajouté. Le même phénomène se retrouve à l'identique dans le bras gauche du transept. Cet élargissement eut des conséquences très importantes sur l'aspect général de la cathédrale. En effet, les architectes du treizième siècle maîtrisaient beaucoup mieux que leurs prédécesseurs les techniques de construction. Ils n'ont donc pas hésité à ouvrir de larges fenêtres circulaires appelées rosaces dans les deux extrémités du transept, permettant -par là-même- l'installation de somptueux vitraux. Quelques chiffres vous prouveront l'audace des créateurs de ces verrières: la hauteur totale de chacune est de 21 mètres, le diamètre de chaque rose est de 13 mètres. D'où cette impression de légèreté et de transparence qui finit par faire oublier le poids du bâtiment.

Attardons- nous maintenant un peu sur les thèmes représentés sur ces vitraux.
La rosace située dans le bras gauche du transept, c'est-à-dire à l'opposé d'où vous vous trouvez, est consacrée à l'Ancien Testament, mais conduit jusqu'au Christ. La vierge Marie trône en effet, au centre, entourée de quatre-vingt figures bibliques- prophètes, juges, rois et grands prêtres qui se tournent vers elle ou la désignent de la main comme mère du Messie. Quatre-vingt-cinq pour cent des verres sont d'origine, les autres ont été restaurés ultérieurement. L'autre rosace, la plus proche de vous, a été, par contre plusieurs fois remaniée. En effet, à deux reprises le mur menaçant de s'effondrer, il fut nécessaire de refaire les verrières. Cette fois-ci, c'est le Nouveau Testament qui est évoqué : les quatre évangélistes, les douze apôtres, les martyrs et les anges entourent le Christ en gloire, tel qu'il est décrit dans l'apocalypse de Saint-Jean, le dernier livre de la Bible. Juste en dessous, les grands personnages représentés debout ont été refaits au dix-neuvième siècle, d'après des modèles anciens. Comme à Chartres, les évangélistes sont juchés sur les épaules des prophètes pour mieux symboliser encore la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament.
Malheureusement, à part ces deux roses, tous les autres vitraux médiévaux de Notre-Dame ont disparu. Ceux de la nef furent détruits au dix-huitième siècle pour améliorer la luminosité de la cathédrale. Ils ont été recréés en 1964 par Jacques Chevalier qui a voulu retrouver les harmonies colorées du treizième siècle, mais dans un style abstrait résolument contemporain. Dans la partie haute du chœur, les maitres-verriers du dix-neuvième siècle ont pastiché, par contre, sans état d'âme, les vitraux du treizième siècle.


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