La galerie autour du chœur

Notre-dame de paris

La galerie autour du chœur

Trois marches et une grille nous permettent maintenant d'entrer dans la galerie autour du chœur. C’est la partie la plus ancienne de la cathédrale, celle dont la construction débuta en 1163. Remarquons la taille imposante des chapiteaux au-dessus de chacune des grosses colonnes. Une fois de plus, ils révèlent la peur des architectes d’alors de voir l'édifice s'écrouler sans la présence de ces supports impressionnants. Notons, également, comme dans la nef, l'impression d'obscurité, due à la taille réduite des fenêtres.
En marchant, regardons sur la gauche. Séparant la galerie où nous sommes de la partie centrale du chœur, le mur sculpté -appelé clôture de chœur- date de la première moitié du quatorzième siècle. Il fut construit sous le règne de Philippe le Bel qui fit tenir, à Notre-Dame même, les premiers états généraux du royaume pour approuver la politique d'indépendance de la France face au pape. Peut-être que pour se faire pardonner par le ciel, le souverain crut bon d'embellir, une nouvelle fois, la cathédrale! A l'origine, ces reliefs racontaient toute l'histoire du Christ, de sa naissance à sa montée au ciel, le jour de l'ascension. Malheureusement, l'installation, à l'époque de Louis quatorze, des statues évoquant le vœu de Louis treize et des stalles des chanoines a entraîné la destruction de toute la partie consacrée aux scènes de la passion du Christ. Les couleurs ont été rénovées à l'occasion de la célébration des huit cents ans de Notre-Dame. On peut les trouver quelque peu agressives, mais souvenons-nous que la plupart des statues étaient peintes au moyen-âge.
Les neuf panneaux qui se déroulent sous nos yeux évoquent les apparitions du Christ après sa résurrection. Un sens aigu du pittoresque a animé le ciseau des sculpteurs : sur le premier relief, remarquons, entre autre, la bêche, tenue par Jésus. On voit que Marie-Madeleine l'a confondu avec le jardinier. Mais la symbolique n'est jamais totalement absente. Le Christ, par sa résurrection, n'a- t-il- pas planté l'arbre de la vie éternelle?

Sur la 7e scène, Jésus retrouve les apôtres sur les bords du lac de Tibériade. Sur la gauche, quatre d'entre eux sont représentés avec ce souci de perspective caractéristique du quatorzième siècle. Ils sont en train de pécher dans une barque. Les nombreux poissons que l'on aperçoit, à travers les mailles du filet, symbolisent les croyants rassemblés dans l'église chrétienne. Des inscriptions peintes, en dessous de chacune de ces neuf scènes, rappellent que c'est dans le chœur qu'étaient inhumés les chanoines.
A ce niveau de la galerie, si vous en avez le temps et l'envie, vous pouvez maintenant visiter la salle du trésor. L'entrée et la caisse se situent juste sur votre droite. Malheureusement, du fait de nombreux pillages, notamment pendant la Révolution, les objets antérieurs au dix-neuvième siècle ont quasiment tous disparu. Vous y verrez, cependant, des livres liturgiques richement enluminés ou de beaux objets liturgiques en ivoire ou en métaux précieux.

Maintenant, passons devant la chapelle axiale et avançons jusqu'à la deuxième partie du mur de clôture du chœur, visible sur votre gauche.

Y sont évoquées d’autres scènes de la vie de Jésus, de sa naissance au début de sa passion. Comme tout à l'heure, attardons nous sur les détails pittoresques de ces reliefs. Amusons-nous à chercher, par exemple, un petit démon qui chuchote à l'oreille d’un roi. Vous l’avez trouvé ? Bravo. Sinon, voyez, cette scène est vers le milieu de ce tronçon de galerie. Étant donné le contexte, on devine que ce roi est Hérode. Et bien sûr, on se doute qu’il suggère à Hérode de faire tuer tous les enfants juifs premiers-nés. En effet, les rois mages vinrent ingénument lui annoncer la naissance du « roi des juifs », autrement dit le Christ. Cherchez aussi un peu plus loin un personnage juché, au péril de son équilibre, sur un arbre pour apercevoir Jésus, sur son âne, entrant dans Jérusalem. Cela a presque un caractère comique.
Après l’avoir trouvé et avoir continué à regarder cette frise, nous parviendrons à la fin de cette galerie.

En descendant les trois marches face à nous, nous nous retrouverons dans le transept. Un dernier coup d’œil sur les rosaces et, toujours tout droit, au bout de la nef, dirigeons-nous vers la porte de sortie. Au passage, malgré le peu de clarté, nous pouvons apercevoir, dans les chapelles à notre droite, quelques tableaux des dix-septième et dix-huitième siècles. Ils ont tous été offerts, un chaque année, par les associations professionnelles, autrement dit par les corporations pour remercier le ciel de leur faire réaliser des affaires florissantes.


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