Le portail du jugement dernier

Notre-dame de paris

Le portail du jugement dernier

Et maintenant passons au portail central. Après l'enfance du Christ, nous changeons ici totalement de registre. Finies les scènes pittoresques et narratives pleines de charme et de grâce. Elles laissent la place à une évocation grandiose du jugement dernier.
Nous allons la découvrir ensemble, alors regardons le tympan de ce portail central : Assis sur la Jérusalem céleste, la ville des élus, le Christ trône majestueusement dans toute sa gloire. Les anges qui se tiennent de chaque côté de lui tiennent les instruments de sa passion, la croix, les clous et la lance. Marie et Saint-Jean l'Evangéliste, à genoux, prient, quant à eux, pour le salut des pécheurs. Un mot, avant d'aller plus loin, sur un détail stylistique révélateur. Comparez avec attention les deux anges. Autant celui de droite paraît quasi-impassible avec sa tunique dont les plis retombent lourdement, autant celui de gauche semble vivant dans son vêtement aux plis bouillonnants. Cette comparaison est instructive car elle vous prouve que pouvaient collaborer au même moment et, sur un même relief, plusieurs artistes aux sensibilités très différentes. En dessous, nous assistons, sur les linteaux, à la résurrection des morts et à leur jugement. Les damnés sont conduits en enfer par des démons cornus alors qu'un ange éthéré pèse les âmes et guide le cortège des élus vers le paradis. Regardons de près ces deux linteaux. Vous remarquez certainement une différence de couleur de la pierre et de qualité dans la sculpture entre le centre et les extrémités. Les parties les plus claires, au style plus frustre, ont, en fait, été refaites par Viollet-Le-Duc au dix-neuvième. Et cette fois-ci, ce ne sont donc pas les Révolutionnaires qui se sont acharnés contre les reliefs médiévaux. Sous le règne de Louis Quinze, le portail d'entrée avait été agrandi pour donner plus de majesté aux cortèges religieux avec leurs hautes bannières de procession. Pratiquement tout le reste du portail a également été resculpté, lors des travaux dirigés par Viollet-Le-Duc. Regardez en dessous des grandes statues grandeur nature qui sont situés de chaque côté des portes de bois. Mentionnons les amusants médaillons symbolisant les vices et les vertus. Cherchez, par exemple, un médaillon représentant un homme fuyant devant un lièvre. Un seul indice : il est situé côté droit. Que symbolise-t-il? Vous l'avez sans doute deviné, il s'agit de la lâcheté. Malheureusement les autres reliefs ne sont pas tous aussi faciles à interpréter car ils sont souvent très endommagés.


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